Première rencontre

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Première rencontre

Message par Elynn le Ven 27 Juin - 7:13

Coucou,
Je suis désolée, ces écrits ne proviennent pas de moi mes de deux amis, Alexandre et Arthur (Il faut que je cite leurs noms, copyright oblige  Smile ), qui profitent de ma présence sur ce forum et de celle d'éventuels amateurs pour diffuser le premier chapitre d'un bouquin qu'ils essayent, tant bien que mal d'écrire. Six chapitres ont étés écrits à ce jour mais je ne diffuserait que le premier aujourd'hui.

Le (ou la) premier(e) à faire un commentaire pertinent sur cet extrait recevra un bisou.  I love you 

Bonne lecture

̴ Chapitre 1 ̴
«- Non, j'ai déjà dit non ! Un bruit de vaisselle brisée se fit entendre dans toute la maison.
- Morgane, tu viendras. Et ce n'est pas une question ! Toute la haute société y sera présente. Pour l'image de notre famille, il faut que tu y sois aussi. Lily Jaspal déposa alors une pile d'assiettes sur la grande table en bois.
- Laissez Françoise, reprit-elle en désignant les débris de porcelaine étalés par terre. Morgane va s'en occuper.
- Bien madame, répondit celle-ci, laissant seules la mère et sa fille. »

La pièce était vaste, beaucoup plus qu'une cuisine ordinaire. A droite on pouvait apercevoir les grands plans de travail, ou la plupart des domestiques s'y afféraient toute la journée, lors des grandes réceptions. Au centre, une table en chêne, élégamment sculptée, se distinguait des autres meubles, tant par sa taille que sa beauté. A coté d'elle, une rangée d'étagères exposait les plus belles pièces d'une collection de plats et ustensiles en porcelaines. Quant au deux longues fenêtres, situées au fond de la pièce, elles assuraient une luminosité agréable.

«- Je me fiche de l'image de la famille, continua Morgane après que la bonne fut partie. Très sincèrement, je ne vois pas en quoi ma présence est indispensable. Sa mère se redressa et répondit :
- Le fait de se montrer comme une famille unie donne aux gens une bonne vision de nous. Et pour ma société c'est important. Je parais plus crédible comme ça. Morgane sembla s'étouffer avant de laisser apparaitre sur son joli visage un sourire narquois.
- D'accord, j'ai compris : c'est ta société que tu veux valoriser. Pas nous.»

Les deux femmes se faisaient face de part et d'autre de la table. Malgré la petite trentaine d'année qui les séparaient, la mère et la fille se ressemblaient étonnement. Grandes, brunes, le port altier, et une attitude naturelle démontrant le refus de céder, personne n'aurais pu nier leur air de famille, ni leur forte volonté. Leur dispute était bloquée à ce point lorsque le père de Morgane entra dans la pièce. Léo Jaspal était plutôt grand, mince sans être maigre : il aimait à se qualifier de svelte. De même, bien qu'il ne fût pas une «force de la nature», il était doté d'une musculature fine affichant la pratique d'une activité physique régulière. D'un naturel joyeux, un sourire flottait en permanence sur ses lèvres.
Les deux femmes réagirent au quart de tour, chacune tentant de prendre le dessus sur l'autre :
«-Papa, tu ne peux pas ….
-Dis-lui, chéri, s'il te …»
Aussitôt qu'il entendit ces mots et qu'il vit sa femme et sa fille, il plaqua un grand sourire sur son visage, fit demi-tour et sortit. Quelques secondes plus tard sa tête réapparut dans l'entrebâillement de la porte.
Toujours aussi souriant, il ajouta :
«-Je ne suis ni assez courageux ni assez stupide pour oser prendre parti pour l'une ou l'autre de vous deux.»
Et il disparut, pour de bon cette fois.

Lily se retourna vers sa fille :
«-Aujourd'hui, tu ramasses ça ! Ordonna-t-elle en désignant les débris sur le sol. Et demain, tu viens avec nous !»
Et elle s'éloignât en donnant des directives aux domestiques en vue du repas.

Toujours en colère, Morgane se pencha et commença à ramasser les morceaux à grands gestes rageurs. Dès qu'elle eu fini elle attrapa une veste, sorti en vitesse et se précipita à la bibliothèque. Non qu'elle soit particulièrement studieuse, surtout au cœur des vacances, mais ''il'' est toujours à la bibliothèque à cette heure-ci. ''Il'' était un gars, qui semblait avoir son âge, qu'elle avait aperçut par hasard devant la porte de la bibliothèque justement, alors qu'elle attendait une amie au début des vacances. Elle était revenue tous les jours depuis lors dans l'espoir de le revoir bien que ses efforts soient désespérément restés vains. D'ailleurs, les rares fois ou elle l'avait ré-aperçu, ce dernier était constamment plongé dans tel livre, ou telle revue. Morgane refusait farouchement d'admettre qu'elle était en était devenue accro, ce qui avait pour effet de bien faire rigoler ses amies.

«- Je persiste à dire que je vais m'ennuyer ferme.
- Tu deviens ridicule Morgane, rétorqua sa mère avec lassitude. Les De Lansay ont trois enfants dont deux de ton âge, tu n'as aucune raison de t'ennuyer sauf si bien sûr tu te mets cette idée en tête.»

La jeune fille s'isola dans un silence renfrogné face à la futilité de ses actes. Elle était en chemin désormais alors à quoi bon ?
Bien qu'il faille sortir de la ville pour se rendre chez les De Lansay, le trajet ne prit que peu de temps. Ils arrivèrent face à un manoir de grande envergure.

La demeure avait été bâtie dans un but clairement ornemental. Les murs de pierres blanches qui s'élevaient sur deux étages étaient parfois recouverts de lierre. Toutefois, un de ces murs, celui orienté au sud, n'était qu'une immense baie vitrée. Ce qui surprenait le plus Morgane était la superficie de la maison, on aurait en effet pu y mettre plusieurs fois la sienne, qui était pour tant de taille raisonnable. Le manoir n'était pourtant que l'arbre qui cachait la forêt. On pouvait apercevoir à l'arrière un terrain qui semblait s'étendre sur plusieurs hectares. Il fallu quelques minutes à la famille Jaspal pour parcourir l'allée qui menait du portail à la porte d'entrée mais à peine eurent-ils frappé que la porte s'ouvrit sur une femme qui les invita à entrer en souriant. Celle-ci se présenta sous le nom de Clarisse De Lansay. Clarisse était une petite femme un peu ronde au teint pâle, aux cheveux blonds et aux yeux verts.
Après avoir salué toute la famille elle s'adressa à la jeune fille : «- Je crois savoir que tu as le même âge que mes deux ainés, non ? Ils doivent être au premier, tu peux aller les rejoindre si tu veux, c'est la première porte à gauche dans le couloir de gauche.»
Et elle s'éloignât en compagnie des parents de Morgane.

La porte de la chambre s'ouvrit brusquement. Si brusquement qu'elle vint s'écraser sur le mur. Le jeune homme, les cheveux blond et la quinzaine d'années, qui venait de s'engouffrer dans la pièce semblait énervé.
«- Qu'est ce qui t'arrive encore, Es ? lui demanda le jeune garçon, la quinzaine lui aussi, largement étalé sur le lit au fond de la pièce.
- Pourquoi il est ici celui là ? Maugréa le dénommé Estevan à lui même, sans faire attention à ses deux frères, déjà présents dans la vaste chambre.
- Qui ? Mathieu ?
- Oui, c'est son père qui s'occupe du repas, pas lui. Je viens de la croiser en bas. Il à rien à faire ici !
- Moi je le trouve sympa, Mathieu, répondit une petite voix, qui venait de sous le lit. - Oh, Edward, tu ne peux pas comprendre ! Et puis qu'est-ce que tu fait sous le lit !? Allez, sort !
- En même temps il a raison, il t’a rien fait,  ajouta son autre frère.
- Ouais bah je ne sais pas, ça doit être psychique ou un truc du genre mais je ne peux pas le voir, répondit violement Estevan, alors qu'Edward tentait tant bien que mal à sortir de dessous le lit.
-Es, tu peux m'aider ? J'ai du mal...»
Ce dernier acquiesça, prit son frère au  niveau du buste, et le souleva délicatement, révélant deux jambes impuissantes, lourdes et molles. Edward n’avait jamais eu la chance de marcher à cause d’une malformation à sa naissance. Estevan le posa sur le grand lit, avant de lui demander :
«- Tu faisais quoi sous le lit ?
- Avec Anthony on jouait à cache-cache.
- Enfin tu jouais à cache-cache tout seul, ajouta ce dernier.
- Oh tu sais, ya pas de honte à jouer à cache-cache. C'est un jeu très instructif, lança Es avant de partir dans une crise de fou rire.
- Sérieusement je n'y jouais pas !
- C'est vrai, confirma Edward. Moi je voulais, mais lui, il n'en faisait qu’à ça tête. Je suis sur que c'est à cause de cette fille qui vient tout à l'heure. Regarde le, Es, il est tout pâle, encore plus que d'habitude.  Anthony fit mine de ne rien avoir entendu, et s'étala encore plus sur son lit.
-D'ailleurs, regarde qui vient», ajouta le cadet des trois avec un immense sourire en demi-lune sur son visage, désignant la grande allée devant la maison, à travers la fenêtre.

En effet, une jeune fille brune, entourée de deux adultes, probablement ses parents avançait vers la porte en peuplier de leur vaste demeure. «- Mais je ne la connais même pas, se défendit Anthony en haussant le ton. Enfin juste un peu, je la voyais de temps en temps à la bibliothèque, mais je ne lui ai jamais adressé la parole.
- Ah ! s'écria Es, si tu la voyais à la bibliothèque, c'est que tu n’étais pas plongé dans un de tes bouquins.  Puis il se tourna vers Edward : Si tu veux mon avis, pour qu'il regarde une fille dans une bibliothèque, c'est que soit :
   - il est malade
   - c'est la bibliothécaire et elle a plein de livres énormes et "très intéressants" à lui      proposer ou
   - il est amoureux.
- Moi je pense qu'il est amoureux ! S’esclaffa Edward.
- Arrêtez tous les deux ! Vous êtes lourd à la longue. Sincèrement vous...

Mais ses deux frères ne l'écoutaient déjà plus : Edward riait aux éclats devant la grossière imitation que faisait Estevan : Il tentait, tant bien que mal, d'imaginer son frère lorsque la jeune fille entrerait dans la chambre.
Trois coups retentirent. Et le silence se fit entendre.
- C'est elle, murmura Edward. Allez, vas lui ouvrir Al.
- Ne lui saute pas dessus, tu pourrais l'effrayer, renchérit Estevan.
- Taisez-vous, elle va entendre vos conneries !
- Taisez vous, elle va entendre vos conneries imita Edward, sa voix aigu rendant la chose encore plus comique.
-Bon tu lui ouvres, oui ou on !? Continua Estevan. Sinon je m'en charge.
- Surtout pas, t'as vu comment tu es coiffé. Ce n’est pas moi mais toi qui la ferait fuir. J'ai pas les cheveux en hérisson, au moins.» Anthony sauta du lit, et se dirigea vers la porte. Il marqua un temps d'arrêt, sembla prendre sa respiration comme s'il s'apprêtait à plonger sous l'eau, appuya sur la poigné et poussa lentement la porte.
«- Elle n'est plus là, dit il, surpris.
- Vu le temps que tu as mit avant d'aller lui ouvrir, c'est évident. Elle a dû se dire qu'il n'y avait personne.
- Bon je vais la chercher...Soyez calmes quand je reviens. - Oh ne t'inquiète pas pour nous, répondit Edward. On sera très calme à ton, enfin votre retour...»



Se retrouvant seule, Morgane n'eut d'autre choix que de monter à l'étage. Arrivée devant la porte en question elle frappa mais personne ne répondit. Elle décida alors de visiter l'étage et retourna sur ses pas, en direction de l'escalier.
A sa gauche se trouvait le couloir qu'elle venait d'emprunter et qui aboutissait à la baie vitrée qui faisait office de mur, à sa droite se trouvait un couloir semblable mais qui se divisait en deux branches au bout de quelques mètres et qui conduisait au reste de la maison. Enfin, en face d'elle, il y avait un grand puits de lumière qui surplombait sur un jardin situé à l'étage en dessous, au cœur de la maison.
Le puits de lumière était cerné uniquement d'un enchaînement de colonnes, ce qui avait pour effet d'illuminer la maison de l'intérieur. Stupéfiée, la jeune fille resta bouche bée devant cette merveille. «Impressionnant, n'est-ce pas ?» Surprise, Morgane sursauta, fit volte-face et eu le souffle coupé pour la seconde fois. C'était ''lui'', le garçon de la bibliothèque. Légèrement plus grand qu'elle, les cheveux et les yeux d’un noir de jais, il l'observait d'un air songeur qui lui donna l’impression d’être transparente.
«Tu dois être Morgane Jaspal, c'est ça ? Je m'appelle Anthony.
-Enchantée Anthony, répondit-elle avant d'essayer d'effacer le sourire béat qui s'étalait sur ses lèvres.
-Suis moi, continua celui-ci en marchant, je vais te présenter mes frères. Le plus jeune, Edward, à 13 ans, et le plus vieux, Estevan, en a 16, comme moi.
-Vous êtes jumeaux ?
-Non, en fait il est né en janvier et moi en décembre, techniquement c'est mon grand frère même si on a toujours été dans la même classe, ou du moins au même niveau.
-Ça ne fait pas un peu bizarre de se dire que son grand frère a le même âge que soi ?
-Comme ça a toujours été comme ça. Je n'y ai jamais vraiment réfléchi et de toute façon on a le même âge que du 12 décembre au 17 janvier alors ça passe.»
Ils étaient arrivés devant une porte lorsqu'Anthony s'interrompit, comme s'il essayait d'entendre quelque chose. Morgane remarqua que c'était la porte à laquelle elle avait frappé quelques instants plus tôt. Anthony l'ouvrit et d'un geste de la main invita Morgane à entrer. Celle-ci pouffa de rire à la vue de ce qui l'attendait à l'intérieur et compris pourquoi on ne lui avait pas répondu. Anthony, qui l'avait suivie souri aussi à la vue de ce qui se présentait à eux :    un jeune homme blond, à la carrure athlétique, faisait le clown devant un garçon qui se tenait assis par terre, plié en deux à force de rire.
Au bruit que fit Anthony en fermant la porte le jeune homme sursauta puis rougit en apercevant Morgane. Après s'être repris, il s'approcha d'elle et se présenta sous le nom d'Estevan.  
«- Et l'asticot que tu peut voir derrière, ajouta-t-il, s'appelle Edward.
Il était étrange de voir les trois frères ensemble, et bien que leur air de famille soit indéniable, il était difficile de dire avec précision d'où il venait.
Estevan était grand, blond avec des yeux verts, de haute stature il était fin mais semblait musclé, athlétique.
Anthony, plus petit de 5-6 centimètres que son frère, avait quant à lui les cheveux et les yeux noirs et sa peau pâle laissait à penser qu'il ne voyait pas autant le soleil qu'il le devrait. Enfin, le jeune Edward était brun avec les yeux marron et, d'après la description d'Estevan, avait une fâcheuse tendance à se trouver là où il ne le devrait pas, ce qui avait le don d'agacer prodigieusement ses frères. De telles différences entre ces frères ne manquèrent pas d'intriguer Morgane. Inconscient de ses réflexions, Estevan lui demanda si elle souhaitait boire quelque chose, puis devant son refus, lui proposa de faire le tour de la maison. Elle sourit en entendant ces mots: une maison tu parles on pourrait presque en mettre trois comme la sienne dans la ''maison'' des De Lansay. Ce faisant elle accepta de bon cœur... … ce qu'elle regretta bien vite. Parcourir l'ensemble des couloirs transformait une simple visite en épreuve d'endurance. Cela ne semblait pas déranger les garçons mais Morgane, pour qui le seul exercice était de faire les boutiques, fut vite épuisée.
Edward  n'ayant pas souhaité venir, seul Anthony les accompagnait, bien qu'il soit très vite retourné dans un livre qu'il avait gardé à la main. Morgane se demandait d'ailleurs comment il faisait pour lire tout en les suivant sans se prendre un mur. S'adressant à Estevan, elle demanda donc en désignant Anthony :
«- Il est toujours comme ça ?»
Estevan se retourna et sourit en voyant son frère.
«-Ça fait bien longtemps qu'on n'essaie plus de le sortir de ses bouquins, et ça ne m'étonnerais pas de le voir disparaître dans l'un d'eux un de ces jours, répondit-il avec un sourire mi figue-mi raisin.
- Je vous entends, vous savez ? répliqua l'intéressé sans même lever les yeux de son livre.
-Tu vois, continua Estevan, s'il le pouvait, il lirait même sous la douche.»
Morgane éclata de rire tandis qu'Anthony levait enfin les yeux de son livre pour foudroyer son frère du regard qui lui renvoya un sourire innocent.
Ils redescendirent au rez-de-chaussée et prirent le couloir de droite. Estevan, toujours euphorique, s'arrêta devant une autre porte, l'ouvrit et précéda Morgane en lui expliquant qu'ils avaient quelqu'un à lui présenter. La porte qu'ils venaient de passer était celle des cuisines qu'ils traversèrent en coup de vent pour se diriger vers un homme imposant aux larges épaules qui donnait des ordres à un bataillon de serviteurs. Ceux-ci s'égaillèrent dès qu'il eu fini. Quand il fut seul, Anthony le héla :
«- Salut Fab', comment tu vas aujourd'hui ?»
Pendant ce temps Estevan expliquait à Morgane qu'il s'agissait de Fabrice, le chef cuistot des De Lansay, toujours très sympa avec eux.
«-Salut les jeunes, répondit celui-ci, pas le temps de trainer, vos parents n'ont pas fait dans la demi-mesure.
-Ils ne font jamais dans la demi-mesure.
-Pas faux, jeune homme, pas faux.
-Salut les gars !»
Le nouvel arrivant qui venait de prononcer ces mots était un jeune homme d'environ 16 ans aussi, et qui portait un plateau chargé de vaisselle sale dans les bras.
«Je le pose ou, p'pa ?
- Au bout du plan de travail, s'il-te-plait, répondit Fabrice.»
Morgane, qui s'était tournée vers Estevan pour qu'il lui présente le jeune homme, fut surprise de voir l'air renfrogné qu'il affichait. Son trouble augmenta d'autant plus du fait du sourire réjoui d'Anthony. Entre eux deux elle ne savait plus où se mettre. Les relations entre ces trois-là semblaient légèrement compliquées, pensa-t-elle avec ironie. Elle fut interrompue dans ses réflexions par la sensation d'une main sur son épaule. C'était Estevan qui lui fit signe de le suivre. Elle regarda en arrière mais Anthony, qui discutait avec le nouvel arrivant, ne les vit pas partir. Ils sortirent par une porte qui donnait sur un couloir plutôt sombre. Juste en face, une autre porte menait au petit salon de la villa, car c'était bien une villa, et non une simple maison. C'est ici qu'Estevan décida de l'y emmener. La pièce était lumineuse, bien que la nuit commençait à tomber. La cheminée, à droite de la pièce en rentrant, donnait une couleur orangée aux murs et dégageait une chaleur agréable. Les deux jeunes gens s'assirent sur un canapé face au feu de bois.
«-Tous les invités ne sont pas encore arrivés. On sera au calme ici, d’autant plus que mes parents reçoivent dans la salle à manger, ce soir. -C’est vrai que comparé aux cuisines, l’ambiance est bien plus intime ici, confirma Morgane en repensant aux hordes de cuisiniers vus précédemment. Estevan jugea bon de ne pas répondre. Au bout de quelques instants, Morgane brisa le silence :
-Il y a quelque chose entre toi et le fils du chef cuistot ? demanda-t-elle.  
-Mathieu ?
-Peut être. Tu ne me l’as pas présenté, donc j’ignore son prénom.
- Ah ? répondit Estevan avec un air gêné. Ca se voit tant que ça ?
-Oui… Alors ?
-Non, il n’y a rien… Enfin presque rien. Disons que je ne l’aime pas beaucoup.
-Il y a une raison, au moins ?
-Oui. mes frères ne comprennent pas trop mon attitude. Eux s’entendent très bien avec. D’ailleurs, chaque fois qu’il passe faire un tour pour aider Fabrice, Anthony n’hésite pas à passer du temps avec lui. Enfin bon, plus il est loin de moi, mieux je me porte.  
- Il t’a fais quelque chose pour que tu ne supportes pas sa présence ?
- Les raisons sont plus profondes que ça.
- Tu ne veux pas trop en parler, je vois.
-Non.
Un deuxième silence, plus long que le précédent,  s’installa entre les deux jeunes gens. Une deuxième fois, Morgane engagea la conversation : -Ma mère m’a dit que tu allais étudier à Erinor à la rentrée, c’est vrai ?
- Oui…Toi aussi ? Continua Estevan, bien décidé à changer de sujet.  
- Oui ! C’est cool, on pourra peut être se voir. Anthony aussi il vient avec toi ?  En prononçant le nom de son frère, Estevan constata que la voix de Morgane était passé du mélodieux à l’aigu. Il esquissa un léger sourire avant de répondre :
-Oui, il vient avec moi. Il envisage de devenir ingénieur spécialisé en, comment il appelle ça ? … Ah oui ! En épistémologie expérimentale et théorique de l’exposition de l’énergie par effort suprasensoriel. Bref, il aime tout ce qui touche aux maths, à la physique, chimie, etc.… Et toi, tu fais quoi ?
- Moi je suis plus littéraire. Je vais en fac de lettre.
- Ah ! Comme moi ! s’exclama Estevan, amusé par la coïncidence. Tu as pris quoi comme option ?
- Histoire et mythologie de Terra Mirus. C’est bizarre, j’aurais plus imaginé ton frère dans le littéraire, avec tous ses livres…
- Oui, c’est vrai. Mai lui c’est un fou, répondit Estevan avec un sourire en coin. D’ailleurs ses bouquins ne sont franchement pas tous littéraires. Calculs, équations… Tout ça me donne le tournis. Pour en revenir à tout à l’heure, j’ai pris Poésie contemporaine. Enfin, l’option mise à part, on à des chances de se voir régulièrement. Tu as trouvé un logement là-bas ?
- Non, enfin pas à ce que je sache. Mes parents ne m’ont encore rien dit.
- Nous non plus…Enfin nos parents ont trouvé quelque chose. Mais on ne sait toujours pas ce que c’est, Anthony et moi. Je crois qu’ils voulaient nous l’annoncer ce soir, mais Edward les a entendue en parler hier soir dans la cuisine. On verra bien tout à l’heure de toute façon. Une bûche émit un craquement sonore dans la cheminée, et plusieurs étincelles jaillirent dans tous les sens. Estevan en profita pour se lever et ajouter un rondin en bois dans le feu. Puis il désigna la porte :
-On devrait peut être y aller. Il est presque l’heure et mon père doit prononcer un discours de bienvenue. Et comme ce soir la cérémonie est à notre honneur, à Anthony et moi, je ne pense pas qu’il apprécierait mon absence.
-A votre honneur ?  
- Oui, c’est une tradition dans la famille : lorsqu’un enfant quitte la maison pour aller faire ses études ailleurs, une réception est organisée. Mon père, mon grand père, mon arrière grand père, et j’en passe, sont passés par là. C’est un peu pompeux, mais bon c’est comme ça. Et comme nous sommes les ainés, mes parents sont un peu stressés.  
- On ne devrait pas trainer alors, ajouta Morgane en souriant.  

Pour l’occasion, la grande salle à manger avait été totalement réaménagée. L’immense table qui trônait habituellement au centre de la pièce avait disparu, pour céder sa place à une multitude de buffets dispersés à travers la pièce, sur lesquels reposaient victuailles et boisons en tout genre. Sur les murs, on pouvait observer de nombreuses toiles colorées que le célèbre peintre Mathéo avait gentiment prêté pour la soirée. Quant au lustre doré accroché au plafond, qui servait désormais de simple décoration, il avait été remit en état et brillait de mille feus. Morgane fut encore plus impressionnée par cette pièce, et il lui sembla qu’il lui restait encore beaucoup de choses à découvrir de l’étrange demeure des hôtes de la soirée. Elle contempla les convives : les robes de cocktails en soie côtoyaient les élégants costumes taillés sur mesure. Effectivement, sa mère avait bien raison : toute la haute société était bien présente. Un domestique se dirigea vers les deux adolescents d’un pas pressé. Arrivé à leur hauteur il s’adressa à Estevan :
-Tu es là enfin ! Ton père se cherche, et il commence à s’impatienter. Anthony est déjà avec lui.
Il désigna alors l’estrade qui avait été dressée au milieu de la pièce. On y distinguait un homme qui scrutait nerveusement les convives, comme s’il cherchait quelqu'un. Arnold De Lansay était un homme de haute taille, vêtu d’un costume noir. Son visage, taillé à la serpe montrait de lui l’image d’un homme sévère, ce qui impressionnait la plupart des gens. Cette particularité physique lui permit notamment d’obtenir plus de crédibilité en tant qu’avocat, et contribua à ce qu’il devienne l’un des magistrats les plus réputés de la région et des alentours. Son art de la parole et l’argumentation acquis tout le long de sa carrière lui permirent ensuite, quelques années auparavant, d’être élu gouverneur de Maratie, et de représenter ainsi l’un des cinq états d’Ortacris. Un signe de la main en direction des trois jeunes gens montra que M. De Lansay venait tout juste de repérer son fils aîné.
-Je vais y aller, je crois, soupira Estevan à l’attention de Morgane avec un sourire crispé, avant d’aller  rejoindre son père. Ce dernier décida de prendre la parole :
-Votre attention s’il vous plait…
La centaine de convives présente dans la salle se retourna vers lui, et le brouhaha ambiant diminua peu à peu. Lorsque le silence fut établi, il s’apprêta à reprendre la parole, mais fut interrompu par Estevan qui essayait de monter discrètement sur l’estrade.
-Je vous présente mon fils aîné Estevan, dit-il en le désignant, qui visiblement ne connait pas la ponctualité, même chez lui. Un rire parcouru l’assemblée, tandis qu’Estevan allait rejoindre Anthony à côté de son père. Arnold De Lansay était peut être en apparence sévère, mais il avait aussi le don pour détendre l’atmosphère. Il continua :  
-Comme le veux la tradition dans notre famille, nous org-ga-ganisons une récep-eption… Mais son bégayement l’empêcha d’aller plus loin. Il patientât deux secondes, avant de reprendre la parole avec un air ironique sur le visage :
-Beaucoup d’entre vous m’ont connu comme un ténor déterminé au tribunal, mais quand il s’agit de parler de ma famille, je ne suis pas toujours très à l’aise. Peut être que je devrais porter une robe ? Au moins je serais dans mon élément.
L’assemblée rit à nouveau - Je disais donc, comme le veux la tradition dans notre famille, quand nos enfants atteignent la fin de leur premier cycle d’études, nous organisons une réception afin de symboliser, comme me l’a dit un jour mon père, « leur passage dans le monde des adultes ».
M. de Lansay semblait enfin avoir retrouvé tous ses moyens.
-Vous avez déjà fait connaissance avec mon fils aîné, continua t-il en désignant Estevan. Je vous présente désormais mon second fils, Anthony.  Il pointa alors sa main vers le garçon à coté d’Estevan. Anthony hocha la tête pour saluer l’assemblée. Contrairement à son frère, il ne semblait visiblement pas gêné d’être ainsi exposer à la foule. Arnold se tourna vers ses deux fils, et leur adressa la parole, révélant une voix émue :  
-Anthony, Estevan, votre mère et moi sommes très fier de vous, de votre parcours, et peut importe les décisions que vous prendrez à l’avenir, nous vous soutiendrons. Une salve d’applaudissement retentit à travers la grande pièce illuminée.  
-…Je tiens aussi, ce soir, à féliciter quelqu'un qui nous est fidèle, à Clarisse et moi, depuis de nombreuses années : veuillez applaudir, s’il vous plait, Fabrice, le cuisinier en chef qui nous a préparé un assortiment de mets succulents que nous allons pouvoir déguster…  Une nouvelle salve d’applaudissement retentit, et Fabrice, présent dans l’assemblée, fit un signe de remerciement aux personnes qui l’entouraient.
-...A cette occasion, continua t-il en s’adressant directement au cuisinier, en remerciement à tous les services que tu nous as rendu, et comme j’ai entendu que ton fils en rêvait, je lui propose une chambre dans le loft que nous avons loué pour Estevan et Anthony, à Erinor,  afin qu’il puisse lui aussi poursuivre ses études dans les meilleures conditions.  
Les convives acclamèrent une fois de plus les propos du gouverneur. Au milieu de la foule, tandis que M. De Lansay continuait son discours,  Morgane distinguait les visages des deux frères : Anthony était surpris, cela ne faisait aucun doute. Mais au final, cela ne paraissait pas le déranger outre mesure. Par conte, le sourire forcé d’Estevan avait totalement disparu, laissant un visage sans expression, encore plus pâle que son frère. « Un comble » pensa-t-elle en essayant de se concentrer à nouveau sur ce que disais le gouverneur.
-…et je vous souhaite à tous de passer une bonne soirée en notre compagnie, termina le gouverneur.          
Les convives applaudirent et les discussions reprirent d’un bout à l’autre de la pièce. Morgane essaya de se frayer un chemin à travers les invités qui se précipitaient vers les buffets et les domestiques qui couraient dans tous les sens, mais elle fut rapidement rejointe par Anthony.  -Tu sais ou es passé Es ? demanda-t-il
-Non, je ne l’ai pas vu partir. Tous les gens ont commencé à bouger et je ne voyais plus l’estrade.
-A tous les coups il est partit se réfugier dans sa chambre, fustigea Anthony.
-C’est à cause de Mathieu, je suppose.
- Il t’en a parlé ?  Morgane acquiesça de la tête.
-Alors ?
-Je n’en sais pas beaucoup plus que toi.
- Il m’énerve avec ça ! Je ne sais pas ce qui ne va pas entre eux, continua Anthony, visiblement agacé. Es ne veut rien me dire. J’en ai pourtant parlé à Mathieu, et lui aussi ne comprend pas. Avant ils s’entendaient bien, et un jour, il y a de cela environ trois ans, Estevan s’est décidé à ne plus lui adresser la parole… Tient, quand on parle du loup… Effectivement, un jeune homme brun avançait dans leur direction. Mathieu avait laissé sa tenue blanche de cuisinier pour une veste beige, et un jean bleu délavé. Il arborait un large sourire sur son visage.
-Bonjour, moi c’est Mathieu. On ne nous a pas présenté tout à l’heure.
-Enchanté, répondit la jeune fille, moi c’est Morgane. Mathieu se tourna vers Anthony :
-Tu as entendu ce qu’a dit ton père ?
-Ouais c’est génial, on pourra…
-Je ne sais pas si je vais accepter, l’interrompit Mathieu. Vis-à-vis d’Estevan, je ne voudrais pas déranger.
-Ne fait pas en fonction de lui ! Sincèrement, avec ça il nous embête à rien nous dire. Et puis peut être que ça vous rapprochera, qui sait ?  
-Oui, tu as peut être raison, répondit l’intéressé
-Je ne vous connais pas depuis très longtemps, intervint Morgane, mais je ne pense pas que tu sois le centre du problème, dit-elle à l’attention de Mathieu. Si vous voulez mon avis, les raisons sont plus profondes. J’ai parlé avec lui tout à l’heure et…
- MORGANE !
La voix de sa mère derrière son dos la fit sursauter.
-Oh non, pas elle, murmura-t-elle. Les deux garçons eurent un sourire compatissant.
-Morgane, je voulais te présenter à M. De Lansay, continua la grande femme brune en désignant l’homme à côté d’elle, qui la salua en opinant la tête.
-Je vois que tu as fait la connaissance d’Anthony et de Mathieu, constata le gouverneur.
-Oui, ils sont très aimables. J’ai aussi partagé une partie de la soirée avec Estevan, qui m’a fait visiter la maison. M. De Lansay émit un geste de satisfaction.
-…Maman vous a-t-elle parlé de notre famille, continua Morgane, décidant de profiter de l’occasion pour ridiculiser sa mère. Nous sommes très unis, vous savez ? (Elle prit la main de sa mère puis l’embrassa, se qui déclencha les sourires des deux jeunes garçons) A la maison, nous sommes en totale harmonie : j’adore mes parents, et c’est largement réciproque (elle fit à nouveau une bise à sa mère) n’est ce pas, maman ?
-On peut dire que votre fille ne manque pas d’air, dit Arnold De Lansay en gloussant, alors que Lily Jaspal était raide comme un piquet. Ni d’humour, continua-t-il. Dit moi, ajouta-t-il, en s’adressant à nouveau à Morgane, je discutais avec ta mère, et elle me disait qu’ils ne t’avaient toujours pas trouvé de logement sur Erinor. Si tu veux, il reste de la place dans le loft des garçons
Les battements du cœur de Morgane s’accélérèrent :
-Je... Je ne voudrais pas déranger, hésita-t-elle en adoptant un ton radicalement opposé à celui qu’elle avait prit juste avant, beaucoup plus poli. -Pour moi, il n’ya aucun soucis, la rassura Mathieu.
-Ni pour moi, confirma Anthony. Et je pense qu’Es sera lui aussi d’accord.
-Bon, il me semble que ton problème de logement soit réglé, conclut M. De Lansay, avant de se retirer, suivit de près par la mère de Morgane.

Au final, Morgane avait plutôt passé une bonne soirée. La compagnie d’Anthony et de Mathieu était vraiment très agréable. La soirée fut rythmé par les blagues vaseuses du Professeur Synhil, le médecin du village, et par les valse endiablées de Mme De Lansay. Pour fuir cette atmosphère opprimante, les trois jeunes gens s’étaient réfugiés dans les jardins, et profitaient de la tranquillité de l’obscurité. Tous allaient donc se retrouver à Erinor pour leurs études du second cycle : Anthony dans le département des sciences suprasensorielles,  Mathieu dans le département des sports et sciences humaines, et Estevan et elle dans le département des lettres. Ce dernier aussi était très sympa, même si elle ne comprenait toujours pas son rejet vis-à-vis de Mathieu. Quoi qu’il en soit, elle était désormais dans son lit et n’arrivait toujours pas à s’endormir, excitée par la perspective de revoir bientôt le séduisant et mystérieux Anthony.


Fin du Chapitre 1
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Re: Première rencontre

Message par Ewakhine Do'varden le Ven 27 Juin - 9:40

Bien, je me permets d'inaugurer les commentaires ici aussi alors.

Alors, je précise quand même parce que vous ne me connaissez pas que mes critiques sont des des critiques qui se veulent constructives. Y aura pas de "Comment j'aime trop!" sans argumentation tout comme il n'y aura pas de "c'nul.". Je reconnais qu'elles peuvent être mal prises si vous êtes trop confiant en votre oeuvre ou que vous n'êtes pas aussi ouvert aux critiques que vous le pensiez (ce n'est pas un mal, c'est humain). Du coup, autant passer ma critique si vous n'y êtes pas préparé. J'en profite pour ajouter quand même que ce n'est QUE mon avis. 


Sinon on commence. 
Alors le premier mot qui me vient à l'esprit c'est "niais". J'ai lu le tout et c'est ma conclusion. En effet, on remarque assez rapidement qu'il va y avoir un triangle amoureux avec un beau ténébreux et un gentil social autour d'une demoiselle. Le fait qu'ils soient frères rend d'ailleurs les choses assez clichées, selon moi. Je me trompe peut-être mais c'est l'impression que j'ai de la suite. J'ajouterai que c'est "gentillet", dans le sens où j'ai l'impression que vous êtes influencés par une certaine littérature, cela se reconnait notamment pour les personnages utilisés : des adolescents.
Ça c'était juste pour le commentaire concernant mon ressenti à la fin du chapitre.

Dans les détails, j'ai remarqué assez peu de fautes d'orthographes, ce qui est un bon point pour vous (même s'il en reste quelques unes assez visibles "pour tant", et d'autres que j'aurai dû noter, tant pis). Cependant le langage utilisé est assez pauvre, je trouve. Il y a beaucoup trop de dialogue et pas assez de descriptions selon moi, ce qui fait qu'on est perdu parfois. Notamment le coup du passage dans les cuisines, c'est seulement quand la fille dit "c'est vrai que c'est plus intime ici", que j'ai relu le passage des cuisines pour voir "armée de serviteurs". Ce n'est pas assez. Durant le passage sur les cuisines, vous vous attardez sur le cuistot et son fils alors que juste après vous relevez la différence de situation. Si l'un ou l'autre était oppressé, il aurait fallu le faire sentir avant.
Ensuite, j'insiste sur le manque de description, dès le début on est perdu. Je sais que c'était un peu le but puisque vous vouliez commencer par un dialogue pour rentrer dans l'action, mais il faut, de mon point de vue, décrire ensuite les personnages, le lieu et la situation (jour, nuit, été, hiver, monde parallèle, monde réel?) et autant vous avez plus ou moins fait les deux premiers, autant le dernier est zappé et c'est seulement au milieu du texte qu'on se dit "Ah oui, monde parallèle, j'connais pas ses pays.", de même la situation "été, milieu des vacances" n'est qu'évoqué sans plus de détail. Du coup, pour moi le cadre est bancal durant tout le chapitre et ce n'est pas bon car je me demande où on est. Je me le demande encore. J'ai eu une impression de pays américain, mais c'est tout.

Ensuite, le découpage des parties est mauvais. Franchement, c'est horrible de devoir revenir cinq lignes avant pour noter un petit symbole et l'interpréter, en retard, comme une séparation de partie et donc de points de vue. Si je prend la première par exemple, on termine la partie avec la fille qui s'enfuit à la bibliothèque, je m'attends donc à avoir des détails supplémentaires vu ce que vous nous laissez saliver et  pis non, pouf, on se retrouve au soir. C'est très mal dosé de mon point de vue. Il va falloir insister sur la séparation entre les parties si vous voulez partir là dessus parce que ça fait très patchwork, je pense que c'est principalement dû au manque de description que j'évoquais. Si vous sautez une ligne parfois dans la même partie alors sautez en trois pour noter le changement, sinon n'en sautez pas même entre description et dialogue.
Pour rentrer un peu plus dans les détails, je dirais que je n'aime pas le coup du "soit" quand Edward énumère les raisons qui pousseraient Anthony à être perturbé. Il aurait mieux valu ne pas donner de formes en tiret, selon moi et se limiter à une simple phrase. À la limite ponctuer par de la description genre "c'est que soit : il est malade -dit-il en levant un doigt -soit c'est la bibliothécaire et elle a plein de livres énormes et "très intéressants" à lui      proposer -un second doigt se leva - ou bien il est amoureux." 

Personnellement, je n'ai pas été transporté par l'histoire parc que ça s’enchaîne trop vite. Je n'ai pas le temps de m'imprégner d'une situation que ça passe à la suivante. Comme conseil principal je vous dirais de "prendre le temps". Là, de vos neuf pages (l'a transposé sur OpenOffice le temps de voir), vous avez largement matière à en tirer deux voire trois fois plus de mon point de vue. Et sans sauter de ligne dans une même partie. 
On a une petite touche d'humour mais trop légère de mon point de vue, au point qu'on ne la relève presque pas. À cela s'ajoute une psychologie de personnage trop incertaine : on entre dans la tête de plusieurs perso et on en ressort en n'ayant qu'un seul détail, c'est dommage. Mais ça je sais que c'est mon propre avis, c'est fort possible que ça ne dérange personne.



Si je conclue brièvement, je dirais qu'il y a du potentiel mais que je ne sais pas du tout où vous voulez nous emmenez, même s'il semble y avoir des pistes grossières. On ne sait pas non plus s'il y a un personnage principal auquel s'identifier ou s'il y en a trois, voire quatre. Il manque cruellement de la description de mon point de vue et vous passez trop rapidement d'une scène à l'autre. J'avais presque le mot Théatre en bouche, c'est dire.
Je pense que vous pourriez tenter une réécriture plus détaillée et y gagner beaucoup. Si vous n'en faites pas et que le second chapitre est de la même trempe que le précédent, je ne ferai qu'un commentaire sur la tournure de l'histoire. Essayez de donner un titre à votre chapitre aussi (à moins que ce ne soit le titre du post).
Je me permets de repréciser que ce n'est que mon point de vue et que même si ça peut donner l'impression d'être négatif, je l'ai voulu constructif.

En tout cas, bonne continuation dans la rédaction de votre histoire, je sais que ce n'est pas un travail facile et l'écrit à deux encore moins. Donc bon courage et persévérer !
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Re: Première rencontre

Message par Elynn le Ven 27 Juin - 11:23

*éclate de rire* heureusement que c'est moi qui vais leur transmettre et si ça ne te dérange pas je vais tempérer un peu. Néanmoins, et je penses pouvoir affirmer qu'ils diraient la même chose : merci d'avoir écrit tout ça.

Pendant que j'y pense, je te dois un bisou Ewakhine.

J'ai un peu suivi leur progression, bien qu'ils ne m'aient mis au courant de ce "projet" que tard, et je vais donner une première réponse avant qu'ils ne donne la leur (enfin, Arthur donnera la sienne étant donné qu'Alex est au brésil et ... je donne des détails que vous n'avez peut-être pas à savoir  Rolling Eyes ).

Premier point, ces écrits sont destinés à des jeunes ados (13-14 ans en gros) d'où le coté niaisou et la mise en scène d'ados.
(Quand au triangle amoureux  I love you, désolé mais tu fais erreur mon petit Ewakhine Very Happy )

Ensuite, j'ai été assez surprise parce qu'une grosse partie des points que tu mets en avant comme "défectueux" s'améliorent grandement dans la suite (pour laquelle je verrai si je la publie)(je ne suis pas sure quela parenthèse précédente contienne une phrase grammaticalement correcte Razz ).
En effet, tout ce qui concerne le rythme et le découpage de l'histoire par exemple est beaucoup mieux construit par la suite.

Les difficultés principales auquelles ils ont étés confrontés, qui sont visibles et que tu pointe en avant sont effectivement liées à l'écriture à deux. Outre le fait qu'il s'agissait pour l'un comme pour l'autre, de leur premier écrit, ils se sont tout naturellement retrouvés avec deux visions différentes des personnages, lieux, et situations.
D'où un manque de clarté et de précision.

Je pense que les choses se sont améliorées de ce coté là à partir du 3ème ou 4ème chapitre quand Alexandre à arrêté à cause des études et parce qu'il n'avait pas la même implication dans l'écriture.

Voila mon commentaire d'observatrice extérieure.

*s'en vas en sautillant et en chantonnant d'une voix nasillarde, épuisée d'avoir dû faire semblant aussi longtemps d'être sérieuse*

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Re: Première rencontre

Message par Orénoque le Ven 27 Juin - 16:21

Et c'est à mon tour de donner mon avis en postant une critique.

Tout d'abord, comme la précédente, je la veux constructive et je n'ai absolument rien contre vous, surtout qu'on ne se connait pas. Il est probable que je paraisse fort sévère, fort critique mais sachez que c'est pour votre évolution, je ne fais pas ça gratuitement juste pour vous casser.

Ma toute première remarque concernera les fautes, elles sont assez rares mais il y en a de très grosses comme le "pour tant" qu'Ewa a soulignée. Les autres, je n'ai pas pensé non plus à les relever mais ça méritera une relecture attentive pour enlever ça. J'ai aussi remarqué quelques tournures de phrases assez étranges comme celle-ci.

"La pièce était vaste, beaucoup plus qu'une cuisine ordinaire. A droite on pouvait apercevoir les grands plans de travail, ou la plupart des domestiques s'y afféraient toute la journée, lors des grandes réceptions."

J'aurais plutôt écrit "où la plupart des domestiques s’affairaient" vu que vous citez un lieu. Le "y" venant renforcer l'idée du lieu déjà assez présente. Je dois avouer que ça m'a gêné à la lecture au point que je m'arrête un moment pour la reformuler. Malheureusement, je n'ai pas relevé les autres non plus, il faudra faire attention à la relecture (ou alors je le ferai lors d'une prochaine relecture comme pour les fautes).

Maintenant que ça c'est dit, passons au coté ressenti de la chose. C'est clair que ça s'adresse à des adolescents. Le public est ciblé et l'ambiance se dégageant du texte l'indique assez bien. C'est plutôt une bonne chose et je souligne aussi les bonnes choses. Bah oui, une critique n'est pas que négative, elle doit aussi souligner les bons points et aider à améliorer les points noirs.
Je suis assez d'accord avec Ewa pour le coté "niais" de la chose mais comme ça cible un très jeune public, je pense que ça va passer avec eux. Par contre, j'ai des doutes sur un public plus averti.

Bon, j'ai aussi relevé une répétition gênante à la lecture.

« Ce qui surprenait le plus Morgane était la superficie de la maison, on aurait en effet pu y mettre plusieurs fois la sienne, qui était pour tant de taille raisonnable. Le manoir n'était pourtant que l'arbre qui cachait la forêt. »

Deux fois pourtant en 8 mots d'écart, ça fait tache. Je sais que ça peut paraître très sévère de dire ça comme ça mais une répétition aussi rapide ne sert pas le texte. La seule possibilité que je vois à une répétition pareille, c'est pour aider la poésie hors là, nous sommes dans un texte non poétique et, de ce fait, elle ne doit pas exister. J'aurais plutôt remplacé le premier "pourtant" par quelque chose du genre "On aurait pu y mettre plusieurs fois la sienne, qui était tout de même/quand même de taille raisonnable". C'est peut-être une inattention mais ça m'a aussi bloqué quand j'ai lu.

Encore une chose :
« Clarisse était une petite femme un peu ronde au teint pâle, aux cheveux blonds et aux yeux verts. »

Cette description est trop rapide, comme si ce personnage n'avait aucune importance. C'est un peu dommage, ça lui enlève un peu de vie et ne lui donne, limite, que le rôle d'une portière que personne ne remarque. Là, je pense que le problème vient du changement d'auteur. D'ailleurs, tant que je suis dans le coté descriptions, je suis du même avis qu'Ewa, il en manque beaucoup. C'est une chose à travailler mais si j'en crois ce que dit Elynn, il semblerait que ça s'améliore par la suite donc un repassage sur le premier chapitre pourrait faire beaucoup de bien.

Et enfin, j'ai eu de grosses questions qui n'ont eu leur réponse que beaucoup plus tard dans la lecture. A savoir, la période de l'année, le monde mais une est restée... C'est à quelle période ? 1900, 2000, 2100 ?

Voilà, je pense avoir tout dit mais continuez, il y a une bonne base.
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