Premières rencontres

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Premières rencontres

Message par Ewakhine Do'varden le Dim 22 Juin - 19:43

Préambule:
Il s'agit ici du RP chatbox qui a eu lieu le Samedi 07 Juin 2014 entre 21h08 - 1h13. Les joueurs étaient Mear, Kastela et moi-même.
L'histoire contée ici n'est que la première rencontre de trois personnages que rien de particulier ne rapproche.
Vous pouvez laisser vos commentaires en dessous, ils ne seront qu'appréciés ! Je précise tout de même qu'ici c'est une réécriture globale (on s'est fait passé le texte et on a apporté chacun les corrections que l'on souhaitait pour terminer sur une dernière reprise qui rende le texte plus agréable à lire).



    En ce début de soirée, la Lumière d'Opale n'était pas très peuplée. Aucun musicien n'était prévu pour attirer le chaland à s'arrêter dans cet établissement plutôt que dans un autre, ce qui ne dérangeait nullement Hanadréa qui préférait un établissement propre, respectable avec une faible clientèle qu'une salle jonchée de détritus et remplie par des poivrots.
    Installé à l'une des tables, entre la cheminée principale et la salle de réception un homme vêtu de cuir et tissu noir et brun , plus chemise écrue et pantalon noir, piochait dans son assiette avec un regard quelque peu perdu dans ses pensées. Il possédait des cheveux bruns mi-longs ébouriffés ainsi qu'un physique et un visage des plus communs bien que jeunes. Il poussait avec son couteau les morceaux de pomme de terre à moitié froides, réfléchissant à ce qu'il allait faire. Il cherchait une occupation intéressante. Lucrative pour lui bien entendu. Et pourquoi pas un peu d'action. Il avait toujours aimé courir avec les gardes de Guerdan. '' Guerdan...''
    Il piqua la pomme de terre qu'il maltraitait et la fit disparaître dans sa bouche, ruminant sur son sort. Il avait déjà connu mieux mais se consolait en admettant que cela lui remplisse l'estomac.
    Pendant ce temps, un homme entra, à petit pas discrets, par la porte encore ouverte. Il ferma celle-ci derrière lui une fois à l'intérieur et jeta un coup d’œil à la salle de ses yeux marrons. Il épousseta ses habits grisâtres, choisit une table et s'y dirigea. Il attendit patiemment, mains sur la table que l'on vienne le servir : ainsi, en plein dans le champ de vision – comme tout le reste de l'assemblée - de l'homme de cuir et tissu brun qui était accolé à un mur, il se fit remarquer. Sortant un instant de ses pensées, l'observateur nota qu'il était seul, potentiellement affamé et que, hélas, ses vêtements ne promettaient aucune richesse. Dommage. Il retourna à son assiette et ses pommes de terre.

    Non loin de là, et pour cause dans la même pièce, se trouvait une autre humaine. Jeune fille au comptoir qui ne regardait alors personne, et rien d'autre que le bois du comptoir. Rien chez elle ne semblait, à l'instar de son comportement et de son visage sec, attirer l'attention : simples habits blanc cassé, cuir léger pour recouvrir les avants-bras, épaules, et torse. Pour compléter cela, des bottes usées et encrassées jusqu'aux chevilles, preuve de voyages récents et récurrents, ainsi que deux dagues en acier de peu de qualité, et une bourse qui hurle famine.. Ses cheveux eux-mêmes, qui étaient pourtant parfois un bien bel ornement chez certaines personnes, n'étaient que pâles et en désordre, légèrement blanchis, trop pour son âge. Mais deux éléments venaient entacher ce tableau : un jeune corbeau qui n'avait manifestement pas fini sa croissance occupait son épaule droite, et des symboles marqués en sillon sur toute la moitié de son visage pour redescendre jusqu'à la clavicule lui donnaient un aspect hétéroclite. Voire même, pour ces symboles, malsain : ils semblaient avoir été creusés dans sa peau et n'étaient plus à présent qu'un assemblage tortueux et indescriptible de symboles en masse.
    Elle ne savait même pas ce qu'elle faisait ici, elle n'avait pas fait ce fameux rite de passage pour se retrouver à boire un verre d'eau dans une taverne de Dérive. Mais elle avait décidé de croire le corbeau, ceci, c'était convenu. Des informations, c'était ce qu'il lui avait promis. Lesquelles, elle n'en savait rien.
    Et même, trop songeuse, elle ne remarqua pas l'arrivant, Alhan, qui après deux ou trois minutes d'attente, quelque peu ennuyé, regarda encore la salle, notamment l'homme et  la jeune femme qui partageaient la même salle. Il ne les dévisagea pas, par politesse, et reporta ses yeux sur ses propres mains. Peu après, l'un des serveurs se dirigea à sa table pour lui demander ce qu'il voulait. Alhan passa alors sa main dans ses cheveux poivres et sels et demanda un repas simple avec de la viande et quelques légumes, ceci avec un sourire et un merci de politesse congédiant le serveur.

   De son côté, l'homme nostalgique fini par laisser son assiette en plan et se leva. Par dessus la chemise, il portait un gilet de cuir, ouvert. À sa ceinture pendait une bourse, une bourcendre ainsi qu'une dague dans son fourreau rudimentaire. Il souffla un peu, démotivé de se retrouver dans cette taverne. Dans cette ville surtout. Il décida d'aller au comptoir, délaissant son assiette à moitié vide et son sac léger sur la table.
    À côté, le repas d'Alhan était arrivé rapidement et il remercia encore une fois l'employé d'un hochement de tête. Il joignit ses mains, ferma les yeux, murmura quelques phrases et commença à manger avec plaisir. Le goût de la viande qui envahit sa boucle lui plût, en effet. Il appréciait grandement le plaisir simple d'un repas complet après une journée de travail. Ainsi que la possibilité même de pouvoir se payer ledit repas. Trop contemplatif, il ne se rendait même pas compte, comme beaucoup à ce moment même, que le petit corbeau de la jeune fille regardait chaque personne dans la salle, semblant les observer et noter tout ce qu'il pouvait d'eux dans son petit crâne. Pas comme sa présumée maîtresse qui se demandait ce qu'elle prendrait un verre d'eau : encore un verre d'eau, oui, cela semblait tout à fait logique. Ceci ne lui permettrait pas d'oublier leur regard, tout ces regards fixés toute la journée sur son étrange visage, mais qu'importe. Qu'importe.

C'est le corbeau qui l'empêcha de continuer à s'empêtrer dans des pensées sans intérêt : il était là, l'homme, à côté de lui. Il arrivait.
''Oui, c'est bon. Je sais...'' chuchota-t-elle d'une voix douce et claire qui trahissait sa jeunesse.
    Et l'homme était bien là. Il avançait lentement. Il manquait d’entraînement mais tâchait, sans forcément le montrer, de visualiser les différentes personnes qui occupaient la taverne à présent. Il notait quelques traits caractéristiques, qui le regardait marcher, qui s'occupait de sa chope ou de son assiette. Il notait évidemment si certains étaient susceptibles d'avoir une bourse remplie d'autre chose que du bronze. Bien peu semblaient dotés de la bourse appropriée qu'il aurait pu délester. Il se demanda si on avait pu lui mentir au sujet de cet établissement. Il en doutait puisqu'il avait juste surpris deux passants en vanter les mérites.
    Il parvint au comptoir et s'installa à deux tabourets de la femme au corbeau, alors même qu'il était observé par Alhan entre deux bouchées et une gorgée d'eau. Il aimait bien les corbeaux, mais n'avait jamais eu de chance avec les dames songeait-il. Excepté cette tavernière fort sympathique qui avait un regard... déconcertant. Il se demanda où elle était passé d'ailleurs, n'ayant laissé en salle que deux serveurs. Il admettait que cela suffirait amplement à gérer la clientèle de ce soir et espérait que la serveuse ne lui enverrait pas un pichet d'eau au visage comme la dernière fois qu'il avait sourit à l'une d'entre elle, à Guerdan. Il fallait avouer qu'elles avaient un caractère bien trempée là-bas. Et qu'il avait peut-être lâché un commentaire salace sur les guiboles.

    La jeune Anniellh fini par demander, après un regard perplexe mais gardant un sourire accueillant, ce que voulait la jeune femme qui semblait rester là sans rien consommer, contrairement aux deux autres. Elle jeta même un regard au corbeau alors que son collègue Solf restait tranquille dans un coin, n'ayant pas encore de commandes à prendre. De l'eau, dit-on à Annielh, ainsi alla-t-elle chercher de l'eau pour la lui donner plus tard.

  ''Heuuuum...  La réflexion du roublard, quant à ce qu'il allait commander, respirait la motivation. Et trahissait son hésitation. Il patienta et se perdit dans la contemplation des différentes rayures attestant de la vieillesse et de la robustesse du comptoir, laissant de côté le choix qu'il devait faire. La serveuse n'était pas encore là de toute façon. L'improvisation c'était bien aussi. Du moins aimait-il s'en convaincre tandis que la jeune fille lui jeta un regard un tantinet trop long et insistant, inconsciemment. Lorsqu'enfin elle s'en rendit compte, étant apparemment plus dérangée par rapport au fait de fixer autrui que son corbeau, elle tourna brusquement la tête en récupérant son bras. Encore et encore des questions : pourquoi le corbeau avait pris la peine de la prévenir de l'arrivée de cet homme là ? Il ne l'avait même pas prévenue pour l'autre homme, celui-ci qui contentait de finir son repas en silence pour reprendre un air rêveur en se recalant sur sa chaise : était-ce la proximité ? Le fait que le premier, à sa chaise et mangeant seul, ne s'occupait guère plus que de son repas et était à deux mètres de là, tandis que l'autre, à qui la serveuse demandait à présent ce qu'il souhaitait, n'était qu'à deux tabourets ? Qu'est-ce que cela pouvait-il bien changer après tout...
    L'homme à proximité n'avait toujours pas fait de choix puisqu'il levait tout juste les yeux du bois. Disons...  Il porta un regard vers l'autre cliente du comptoir avant de revenir à Anniellh. La même chose.
    Il parvint à lui rendre un sourire chaleureux quand elle acquiesça, ce qui était bon signe de son point de vue.  Alors qu'elle lui remplissait un verre d'eau, il se demandait ce qu'une enfant telle que sa voisine faisait avec un piaf dans une taverne. Et comment il était possible que ce soit toléré ici. Coutumes étranges...'' , marmonna-t-il.


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Message par Ewakhine Do'varden le Dim 22 Juin - 19:44

    Le verre fut rempli et il remercia la serveuse, en profitant pour payer et son repas et son verre quelques piécettes. Il reprit l'étude du comptoir, se demandant combien de pièces d'argent se cachaient ici. Interrompant ses songes, le corbeau croassa au milieu de ses observations vis à vis du petit peuple. Seule la jeune fille semblait le comprendre, mais ce n'est pas à lui qu'elle répondit. Plutôt à l'homme aux cheveux bruns qui plissa le nez de désagrément quand le volatile croassa. Il aimait bien les corbeaux mais silencieux, se corrigea-t-il.
'' Ça pose un soucis ? L'interpella alors la jeune fille d'un ton défensif, le visage enfin tourné vers lui.
    Jetant un regard furtif à l'oiseau, l'interpellé remarqua la fille lui parler. Il ne put retenir un sourire : une folle. Il revint bien vite à son verre avant qu'elle ne s'en aperçoive. Il avait bien vu la fille parler au corbeau, non? Cette fille était donc logiquement folle. Et il en avait vu passer des filles tarées; de son point de vue, c'était certainement les plus incompréhensibles.
    Tandis que l'un des hommes s'attardait à jauger l'inconnue, Alhan, après un moment d'observation tranquille, Alhan s'étira et jeta un œil par l'une des fenêtre. Il lui restait un peu de temps avant d'avoir à retourner à la ferme. Il revenait d'une livraison et il lui restait plusieurs tâches en arrivant. Il sourit tout seul, appréciant l'idée de nourrir les bêtes avec ce temps. Le soir, son odeur et son ambiance l'accompagnerait lors de ses tâches quotidiennes. Pensant aux bêtes il regarda le corbeau qui avait déjà croassé plusieurs fois. Ce n'était pas souvent que ce genre d'animaux étaient en compagnie d'un humain. Ils étaient intelligents, pouvaient se lier à un humain mais cela restait exceptionnel à ce qu'il savait. Il se demanda qu'est-ce qui avait pu lier la jeune femme et le corbeau. Surtout qu'après avoir regardé quelques instants, il vit que les deux compères semblaient parfois discuter. Il resta perplexe devant ce fait, se disant que, certes, lui aussi parlait parfois à ses bêtes mais il était rare qu'elles répondent de cette manière.
    La voix de la jeune femme, faible, coupa tout songe : Et ça ne répond même pas...''

    Les siens en revanche reprirent, en boucle : qui devait-elle bien chercher – si jamais il s'agissait de venir chercher quelqu'un. Après tout, c'était son compagnon qui passait son temps à vouloir lui apprendre comment vivre, alors qu'il était là depuis moins d'année qu'elle. Fichtre. Il se fichait bien de la faire tourner en bourrique, d'ailleurs, il continuait à observer l'homme solitaire. Ce dernier n'eut rien d'autre à penser, secouant la tête, que ce n'était pas le summum de la politesse. Néanmoins, il eut le temps de remarquer le comportement de l'oiseau, qui, définitivement, était intelligent, même pour un corbeau. Il fronça les sourcils. Les animaux trop intelligents avaient la réputation, à raison selon lui, d'être des serviteurs du Démon. Était-ce le cas, ici ? Il murmura trois mots de prière pour se rassurer. Dans le pire des cas il n'était pas proche du corbeau en question et, de plus, les justes étaient protégé de ce genre de choses. Il n'aurait pas peur.
    Pas plus que l'autre qui but une bonne tirade de son verre et qui, se rendant alors compte de sa soif, le termina en une seconde tirade avant de le reposer sur le comptoir. Délaissant la fille de ses pensées, il jeta un coup d'œil à ses affaires. Personne ne semblait s'y être intéressé. Dommage songea-t-il avant de repartir dans ses souvenirs : ses dernières années avaient été vraiment plaisantes pour lui. Guerdan était une chouette ville quand on commençait à bien la connaître et lui la connaissait mieux que personne. Enfin... très bien. Il savait qu'il lui restait certains coins à découvrir, notamment au niveau des égouts mais il n'avait jamais aimé la puanteur qui s'en dégageait.
    L'homme au gilet de cuir fit tournoyer dans le verre presque vide, une goutte qu'il ne boirait jamais. Cette goutte lui rappelait la mer. Il aimait bien la mer. Mais ce n'était pas ici qu'il la verrait. Pris d'un élan de nostalgie il se tourna abruptement vers la jeune fille dont le corbeau descendait sur le comptoir sans aucun reproche de sa maîtresse agacée par ses remarques de peu d'intérêt.
Les yeux du jeune homme aux cheveux ébouriffés se portèrent sur le corbeau redevenu silencieux. '' Ce doit être sympathique de voler, non? On peut aller voir la mer quand on le souhaite, sans contrainte aucune. Se rendant compte de ce qu'il faisait, il adressa un regard d'excuse à la jeune femme. Désolé.
  - Hein ? répondit la jeune fille arrêtant de porter son attention sur l'autre coincé à sa table qui semblait rêvasser, le menton dans sa main. Son visage trahissait un agacement, et de la tension en plus du désintérêt face au lieu et à la situation. Mais elle reprit, un peu rude : Je ne sais pas, je ne vole pas. Lui, il n'aime pas la mer. Et puis bon, dans les deux cas, on se noie, hein, t'en penses quoi, de ça ?
    Le ton de la femme lui imposa de lancer une réplique vive : Suffit de savoir nager et je me doute bien que tu ne voles pas. - Il reporta ensuite son intention sur le volatile non loin de lui. - Et il n'aime pas la mer, hein? Comment tu le sais? Ses yeux cherchèrent ceux de l'inconnue.
    La jeune fille ne répondit d'ailleurs pas à l'appel de regard. Le corbeau, bien plus réceptif, le fixa pendant quelques secondes. Son analyse terminée, il s'amusa à aller de table en table, faire de même, tandis que de temps à autres le personnel lui jetait un regard : tant qu'il ne fichait pas le bazar. Elle reprit une gorgée pendant qu'il s'amusait, simplement le temps de penser à ce qu'elle allait répondre dans les secondes qui suivaient. Finalement, rien de bien constructif :
  - Il parle, c'est tout, et je l'écoute, d'accord ? Il n'aime pas la mer, ni son odeur iodée, ni le sable. C'est pas son truc, la mer, rétorqua-t-elle en pointant l'homme du menton : Apparemment c'est le tien. Mais c'est pas dans cette taverne que tu l'auras.''

    Et en effet, le corbeau se fichait de la mer : il était même à la table d'Alhan, qui avait prêté une oreille peu attentive à la discussion qui se déroulait non loin, la jugeait bien ennuyeuse. Il eut un mouvement de recul quand le corbeau en question passa à sa table. Il le regardait, fixement, posant une main sur sa chaîne autour de son cou. Il était tendu, défiant l'animal du regard s'interrogeant sur la conduite à tenir.
  ''Il parle? Reprit l'homme au comptoir avant d'enchainer : Et tu l'écoutes? Carrément. - Il tâcha de ne pas prêter attention à la pique qui lui était adressée et qui ravivait ses souvenirs encore bien trop récents et trop douloureux. -  Suis-je sensé le croire? Je veux dire, réellement? Comme si c'était possible. Un corbeau croasse. Et je l'ai très bien entendu donc n'essaie pas de me faire avaler la tasse.
  - Ah moi, je m'en fiche si t'es pas assez ouvert d'esprit pour comprendre, tiens. Elle recula une mèche, dévoilant un peu plus la moitié de visage complètement recouverte par le symbole complexe. Le corbeau quant à lui, pencha la tête en voyant le jeune homme toucher sa chaîne, continuant son petit jeu.
  - Mouais, j'aurai plutôt tendance à...'' Il se tut, ne terminant pas sa phrase. Pourquoi être méchant? Elle ne lui avait rien fait au final. Il hocha la tête et revint à son verre, n'ayant noté que brièvement le visage étrange de la fille. Il lui avait semblé noirci et rien ne le poussait à être blessant avec elle.

    L'homme attablé continua de regarder le corbeau pendant un instant. Ne voyant pas de véritable raison de s'inquiéter, il finit par lâcher sa chaîne, confiant, posa les mains sur sa table et continua à le fixer. Ses regard était plus tranquille, moins méfiant.
 '' T'aurai tendance à quoi ? La jeune femme jeta un coup d'œil au corbeau après sa question : encore une de ses lubies, d'attendre voir ce qu'il allait se passer. Il aimait bien ça après tout. Qu'importe. Finalement, il avait peut-être plus de contact humain qu'elle. Mais elle avait passé le rite. C'était comme ça. Songeant à cela, elle se demanda comment elle se présenterait, cette fois, si on le lui demandait. De son côté, le corbeau avança vers l'homme d'âge respectable.
  - À rien, éluda l'interlocuteur de la demoiselle. Il n'allait tout de même pas lui dire la vérité? Il tâcha de fuir son visage, lançant ainsi un regard à ses affaires. Il était peut-être temps d'aller se trouver un endroit où dormir. Même s'il faisait plutôt bon, une pluie est très vite arrivé sur Hylena. Et sans étendue dégagée pour le prévenir à temps... Décidément, il détestait cette ville.
  - Menteur. Elle reporta le regard sur son verre et le finit d'une traite. Puis, suite aux premiers dires du corbeau, elle ne put s'empêcher de chercher de l'œil la bourse de l'homme à qui elle parlait. Le corbeau, de son côté, pris d'un élan, il tenta de se poser sur une main de l'homme à la chaine
    Puisqu'elle semblait y tenir, le roublard revint vers elle. Il était parti pour élever la voix plus que de raison et prit une inspiration dans cette intention, se préparant à laisser son interlocutrice pantoise. Cependant il la relâcha en croisant le regard d'Anniellh et finit par regarder le visage de son interlocutrice avec plus de calme, la colère n'ayant été que passagère. Il prit le temps de remarquer avec plus d'attention ce qui occupait le visage de la fille. Sa surprise et son intéressement étaient perceptibles. Il reprit finalement la parole, de façon énergique mais sans hausser le ton :
- Oui, je mens. J'allais juste dire une ânerie. Tu préfères ça comme réponse? Fort bien.
    Il put voir l'œil de celle avec qui il parlait s'attarder sur sa ceinture, il en devint légèrement suspicieux. Ce ne pouvait être une voleuse. Il l'aurait vu tout de suite. Ou pas. Il aurait préféré en tout cas, il n'aurait peut-être pas entamé la conversation de cette manière. Non, une voleuse avec un corbeau n'était guère discrète. Quoique si bien dressé... il revint à son visage, ses pensées s'embrouillant quelque peu, écoutant la réponse qu'elle s'apprêtait à lui fournir.
    Elle venait tout juste de repousser le verre en maugréant :
- D'accord oui, c'est bon, j'ai compris. Ça va.
    Elle regardait son verre, puis le bois du comptoir, surprise de ne pas recevoir les remarques habituelles à propos de son visage inhabituel. Même mieux, on lui adressait la parole. Mais après tout, il l'avait certainement jaugée, lui aussi, et jugée. Tout comme elle le faisait en ce moment même.
  - Hum.''

    Il voyait qu'elle n'était guère plus à l'aise que lui finalement. En admettant qu'elle ne simule pas. Il espérait vraiment qu'elle ne simulait pas car elle était bonne actrice sinon. Ce qui était certainement encore bien plus dangereux qu'une femme. Dans le doute, il choisit de se montrer un peu plus cordial et changea totalement de sujet : ''As-tu déjà goûté le sirop de cassis? Ça ne pousse que sur le continent mais je trouve cela délicieux. Je pense qu'ici il en possèdent au moins une bouteille.
 - Huh, fut sa réponse. Elle ne s'attendait pas à ce changement de comportement. Elle reprit après quelques secondes de silence, lui jetant un nouveau regard, et osant cette fois-ci le laisser posé plus longtemps : J'en ai jamais goûté. C'est pas ma tasse de thé les tavernes, tout ça.
    Son ton venait d'être un peu hésitant, elle restait un peu tendue et vive dans ses paroles. Son corbeau, de son côté, donna un léger coup de bec sur l'index de la main droite du solitaire qui restait perplexe, avant de voleter sur sa tête, joueur pour cette soirée-ci. Nulle relation de confiance s'instaurait ici, même si l'homme changeait d'avis : la fille ne semblait pas être une adepte du Malin. Il accepta même le corbeau sur sa main, puis sur sa tête, avec un léger sourire.
    Le fermier se surprit à sourire face aux actions de l'animal et laissa sa tête immobile, joueur lui aussi. Peut-être était-il paranoïaque concernant les œuvres du Malin. Peut-être était-il fatigué et s'était inquiété pour rien. Tout n'était pas œuvre du Démon.
    L'hésitation dans la voix de la fille au corbeau détendit étrangement son interlocuteur qui reprit avec un léger sourire :
  - Heureusement que nous sommes dans une auberge alors, répondit le jeune homme, se pensant drôle. Il chercha des yeux la serveuse mais ne trouva que Solf non loin. On pourrait avoir deux sirops de cassis, s'il vous plait? - Il revint à la femme. - Tu vas voir, c'est surprenant.'' Solf passa derrière le comptoir pour servir deux verres d'un fond de cassis.


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Re: Premières rencontres

Message par Ewakhine Do'varden le Dim 22 Juin - 19:45

    De l'autre côté, l'oiseau, finalement lassé, poussa un croassement plus puissant que les précédents, ce qui fit même sursauter la jeune fille qui malgré son contact avec l'animal, n'était manifestement pas encore tout à fait habituée à son caractère. Brusquement, elle lui jeta un regard de reproche, , ce qui sembla suffisant à l'oiseau pour revenir sur son épaule. Puis, elle reporta son attention sur l'interlocuteur :
  '' Oh... Hé bien... Merci, dit-elle perturbée par la suite des événements entre l'homme qui tentait d'être sympathique tant bien que mal et l'oiseau qui faisait des siennes. Puis elle sembla se reprendre.
    Cet oiseau ne suscitait pas seulement des réactions chez la jeune fille, entre l'homme perchoir déçu de son départ – finalement, cet interlude lui avait plu et avait été intéressant – qui reprenait ses songes, et le parleur qui eut un mouvement de recul désapprobateur.
    Solf poussa vers la femme son verre remplit d'eau et de sirop puis vint jusqu'à l'homme qui paya les deux verres. Comme pour montrer l'exemple, celui-ci porta le verre à ses lèvres, ferma les yeux et aspira une gorgée avec un sourire, heureux de retrouver une chose familière dans cette ville. La jeune fille, elle, regarda le serveur, et même l'homme derrière, puis porta une main à son verre, recalant la précédente mèche, la laissant à nouveau cacher les marques. Finalement, elle fit de même, en silence, et porta le verre à ses lèvres. L'oiseau pendant ce temps lui donna un coup de bec sur l'oreille. Lorsqu'elle reposa le verre, elle se dit simplement que c'était bien trop sucré pour elle, non. Décidément, non, ça n'était pas pour elle, ça. Pas plus que le lieu. Elle retint un soupir et décida de s'adresser à l'oiseau à voix haute, en chuchotant : Pas la peine de faire le malin, toi.
    Le roublard la regarda de nouveau après avoir descendu une autre gorgée, quelque peu déçu de ne pas retrouver le sourire qu'il escomptait. Décidément, il ne comprendrait jamais les femmes.
  - Tu n'aimes pas? Demanda-t-il naïvement avant de reporter son attention sur le corbeau. Il remarqua qu'elle avait rabaissé sa mèche, ce qui rendait plus difficile la lecture de son visage.
  - C'est trop... Trop. Peut-être avec plus d'eau, pas les mêmes doses, je ne sais pas.
    Elle fit tout de même un effort pour terminer le verre : on le lui avait payé, après tout, et puis son compagnon se sentirait encore trop malin si elle ne le faisait pas. Elle le faisait presque pour le narguer, pouvait-on se dire, stupide jeu.
  - Trop trop... sucré? Faudra réessayer avec moins de sirop en ce cas. J'ai bien aimé moi. '' Il sourit, buvant une nouvelle gorgée, plus lentement que pour le verre d'eau précédent.
    Il trouvait étrange qu'elle ait terminée quelque chose qu'elle n'aimait pas mais accepta cette attitude étrange, la mettant sur le fait que ce soit une femme.

    À ce moment, comme il l'avait fait précédemment pour l'autre individu, l'oiseau se posa sur la main de l'homme au verre de cassis qui eut un mouvement de recul. L'oiseau était bien plus gros de près et capable de s'en prendre à ses yeux s'il se sentait agressé. Un homme l'avait dit un jour. '' Euh... Il tâcha de rester immobile, une jambe sur le tabouret, l'autre touchant le sol, une main sur le comptoir, l'autre dans les airs, agrippée au verre à moitié vide, convaincu qu'ainsi il n'effrayerait pas l'animal à plumes. Ses yeux et sa poitrine bougeaient encore, et son bras tremblait légèrement sous l'effort.
  - Il ne va pas te faire de mal tu sais. Apparemment il aime tout le monde ce soir. D'humeur joueuse il faut croire, je ne vais même pas chercher à comprendre tu sais, conclut-elle. Puis, de même que pour le verre d'eau, elle repoussa le verre de sirop vide à la fin. Ensuite, ce mouvement étant apparemment une de ses manies elle repoussa à nouveau la mèche derrière l'oreille.
  - Tu peux me croire, ok ? finit-elle par rajouter, voyant l'homme mal à l'aise. Pour autant, elle ne semblait pas d'humeur à demander au corbeau d'arrêter ses sottises. Repose ton bras, allez.
    Ennuyé, Alhan se leva, décidant d'aller s'intéresser à ce fameux corbeau, et à sa maîtresse. Il arriva lorsqu'elle prononça les mots "humeur joueuse". Il attendit qu'elle eut fini pour reprendre.
  - Oui, il est d'humeur joueuse, je pense. Il est venu me voir, de même. Il est vraiment intelligent à ce que j'ai vu. Oh, et je suis Alhan, enchanté.
    Alors que l'homme de Guerlan essayait de tenir en équilibre dans une position grotesque, le jeune homme regarda la main de la fille repousser sa mèche derrière son oreille. Il trouvait le geste... joli. Il avait déjà vu des femmes faire cela, il se demanda si c'était pour le mettre à l'aise. C'était raté. C'est la phrase qui suivit qui le fit réagir.
  - Et bien... si tu peux lui parler... tu n'as qu'à lui demander de descendre tout seul. - Il tourna légèrement le regard vers l'inconnu qui venait de les aborder. Euh... bonsoir.
    Il revint rapidement à la fille, attendant qu'elle lui prouve qu'elle pouvait contrôler son corbeau. Il espérait que c'était vrai pour le coup.
  - T'as peur qu'il te mange un œil ou quoi ? Il aime pas les yeux d'hommes. Ceci dit, elle tendit elle même la main vers l'oiseau, lui donna une caresse avec son index et le récupéra sur sa propre main, avant d'enfin saluer l'autre homme. Alhan alors, enchantée. Il est peut-être intelligent, oui, dit elle en regardant le nouveau, puis le corbeau, ce dernier d'un air entendu.
  - C'est l'impression que j'ai eu en tout cas, répondit « le nouveau » avec un petit sourire. Il tourna ensuite la tête pour regarder l'homme à son tour et le salua d'un geste de la tête.
    Remarquant qu'elle ne lui avait pas parlé au final, l'homme aux cheveux en bataille choisit de ne pas répondre à l'interrogation de la femme bien que l'affirmation le rassura un peu. Il se garda bien de donner son avis sur l'intelligence du corbeau, se disant que s'il l'était véritablement, il pourrait s'offusquer et revenir à l'attaque. Il se contenta de terminer son verre en silence, content de pouvoir retrouver une position stable et plus confortable, puisque le corbeau joueur avait décidé de prendre la tête de la jeune fille en perchoir, cette fois-ci.
  - Mais va t'en de là, toi ! Je t'ai pas permis, bon sang. Sérieusement, y'a quoi dans l'air ce soir, hein ? finit-elle par rajouter un peu plus bas, alors que l'oiseau, semblant dépité, redescendit pour sa position initiale : l'épaule. Tu parles d'un intelligent. Bref. T'es venu pour du cassis aussi, hein ? demanda-t-elle de son air toujours tant appréciable, regardant le corbeau, puis les deux hommes.
    L'humain soupira un coup dans son verre à présent vide, se retrouvant au point de départ : loin de Guerdan. Il jeta un coup d'œil à la demoiselle et tomba sur le dos de l'homme. Ses yeux glissèrent jusqu'à sa ceinture, observant ce qu'il y avait d'accrocher dessus. Il se demandait s'il lui pouvait en tirer quelque chose. Il regarda le reste de sa tenue ainsi que ces chaussures : les chaussures indiquant généralement la fortune que possède le porteur. Il ne portait que des chaussures poussiéreuses. C'était vraiment une ville pourrie. Il se mit à rechercher sur l'étagère en face de lui où était posée la bouteille de sirop.
 '' Pas vraiment rétorqua-t-il, pas vraiment intéressé par les boissons d'ici. J'étais juste curieux à propos de l'oiseau, qui est venu me chercher de lui-même précisa-t-il. Après un petit temps d'hésitation : J'aurais du ?
  - Tu voudrais pas savoir ce qu'il dit sur toi non plus, tant que t'y es ? rétorqua-t-elle en retournant son verre à la fin de sa phrase. Puis, manifestement, prise de démangeaisons nasales, elle fini par lâcher un léger éternuement, plaçant à l'arrache la main devant sa bouche pour ne pas arroser le comptoir, ou disons "au cas où". Tandis que l'oiseau regardait fixement celui qui avait eu peur, elle reprit : J'en sais rien, demande lui à lui, là. Il parait que c'est super, comme truc. Moi je sais juste que c'est ultra sucré.
  - Non, pas vraiment, désolé si je vous ai importuné avec mes questions répondit-il, ayant l'impression d'avoir commis une erreur dans ses mots même si celle-ci lui échappait. A vos souhaits dit-il lorsque la demoiselle éternua avant de reprendre : Ah oui ? Il se tourna vers l'homme en disant ces mots.
    Se sentant concerné, celui-ci reporta son attention sur eux, n'ayant pas suivit leur conversation.  Ah oui quoi? Il lança un regard perplexe vers la fille qui éternuait dans sa main et qui semblait avoir orienté le prénommé Alhan vers lui. Il recherchait en elle une explication, ce qu'il trouva terriblement cocasse en s'en rendant compte. C'était une fille avant tout.
  - Apparemment, j'aurais du venir pour le sirop de cassis. Répondit-t-il simplement, remarquant que l'homme n'avait pas du écouter.
  - Ton sirop de cassis, tu sais. On parle de ça, mais t'es dans tes pensées. Elle haussa les épaules et décala ses jambes sur le côté pour pouvoir les croiser, du moins en avoir la place. Était donc à présent bien plus tournée vers les deux, un coude sur le comptoir, et visage et réactions pour une fois bien plus visibles.
  - Ah ben oui, ce serait quand même plus compréhensible que de venir pour un piaf. Je trouve. En plus, il est vraiment bon, je sais que sur le continent il est mieux encore mais ici, c'est bon donc c'est l'essentiel. Vous voulez goûter? Il sourit pensant que cela lui permettrait d'en reprendre un verre. Il détailla le visage de l'homme qui semblait avoir dépassé la trentaine depuis quelque années déjà. Il avait forcément déjà goûté du sirop de cassis, lui. Si vous êtes aussi sensible qu'elle, pensez à demander un peu moins de sirop. Je l'ai trouvé très bon ainsi moi..
  Alhan haussa les épaules en réponse. Ça ne m'intéresse pas tant que ça, merci, j'ai déjà mangé. Venir pour un piaf vous dites ? Demanda-t-il, un sourcil froncé quant à la réponse de l'homme. J'ai juste envie de vous dire que s'intéresser aux animaux est très possible. Il était un peu surpris qu'il ne comprenne pas ça, l'intérêt pour la faune était assez compréhensible, pourtant.
  - Bien sûr que c'est "très possible..." grommela-t-elle en jetant à nouveau un regard entendu à l'animal qui à nouveau fit un peu de bruit. Il semblait que même sans son, ils pouvaient s'entendre, mais de temps à autres, l'un comme l'autre élevait la voix. Chacun ses priorités hein, entre le sirop de cassis et la nature, j'irai dire.
    Le jeune homme eut une mine déçue. Oh. Possible.'' Tant pis, il se contenterait d'un seul verre. De toute façon, il lui fallait économiser s'il voulait survivre ici. Le temps de retrouver le rythme, tout ça. Il lui faudrait plusieurs jours pour bien connaître ce quartier. À moins qu'il n'en change, il n'avait pas vu beaucoup de clients potentiels par ici.

    Malgré lui, il souffla par le nez de dépit et revint un instant sur le visage de la fille qu'il pouvait mieux détailler. Il lui semblait... étrange. Presque intriguant.
  "Ce n'est pas ma priorité. C'était simplement une façon de débuter la conversation, lui répondit-il avec une intonation un peu agressive.
  - Oui, d'accord, on va dire ça. Elle haussa à nouveau les épaules et détourna le regard, faisant mine de ne pas noter le sien porté sur son visage. Après tout, elle avait eu un peu de temps pour s'y faire, à ces regards. Et puis, non, en fait : elle devait en être fier. Bon sang, ce qu'elle devait être fatiguée ce soir pour réagir ainsi, se réprimanda la jeune fille.
    Alhan haussa un sourcil à sa réponse. Son interlocuteur le rendait perplexe, changeant de manière de parler et d'agir. Mais il n'en avait rien dit et avait tourné la tête vers la jeune femme pendant qu'elle parlait.
  - Bon de toute façon, j'ai autre chose à faire, moi, conclut l'homme au sirop de cassis qui quitta son tabouret d'un mouvement fluide malgré l'heure tardive. Celle-ci menaçait d'engourdir ses membres. Il se détourna de des inconnus, sans prêter attention à l'acquiescement Alhan, pour retourner à sa table, l'assiette était toujours là, à moitié terminée, son sac aussi.
    Debout, il planta le couteau dans une pomme de terre et le porta à sa bouche pour en prendre un morceau. Il fit une grimace, dégouté et se traita de stupide. Encore un repas de gâché. Il reposa le couvert puis remit son sac en bandoulière. Toutes ses possessions s'y trouvaient. Bientôt d'autres viendraient les rejoindre. Du moins, c'était ce qu'il se disait pour se motiver.
  - Vous auriez du la mettre dans le sel. Lança le vieux curieux avec un sourire satisfait.
    Ayant déjà payé ses consommations, l'homme de Guerdan ne releva pas et décida de quitter l'établissement afin d'essayer de trouver un lieu tranquille pour dormir. Cette heure était la plus propice même s'il allait certainement falloir faire bien attention. Il n'était pas couché avant une bonne heure. Voire deux. Cette simple idée le fatigua d'autant plus.
  - Ouais, à jamais probablement, "je ne sais qui". répondit-elle tardivement comme désintéressée de son départ, et voulant prouver du haut de ses petites années qu'elle contrôlait la situation. Le corbeau suivait le partant du regard tandis que la jeune fille regarda cette fois-ci le bois d'un tabouret.
    Il se dirigeait déjà vers la porte de la taverne, lorsque l'homme entendit la fille hausser la voix à son intention. Seul l'avenir nous le dira, "demoiselle sans prénom". Il ouvrit la porte et eu la désagréable surprise de constater que la température avait rapidement chuté. Vivement l'été. Vivement la mer. Il veilla à ne pas se demander s'il retournerait à Guerdan un jour. Une nuit après l'autre... ''
    La porte se referma sur lui.

    Alhan s'assit finalement sur l'un des deux tabourets et joua avec un motif dans le bois. '' Hé bien.
Ignorant ce simple « hé bien », la jeune fille détourna le regard du bois du tabouret vu qu'il s'y installait et se força donc à le reporter sur le regard de l'homme qui avait manifestement une vingtaine d'années de différence avec elle. Et elle se contenta de le fixer, là, plusieurs secondes, avant de poser son regard sur un point aléatoire. Mais le corbeau, lui, ne le quittait pas des yeux.
    Alhan finit par la regarder à son tour, sentant le regard de l'animal sur lui. Curieuse, votre marque. Je vous poserais bien des questions dessus par curiosité mais vous ne voulez peut-être pas en parler.
  - Ça dépend, pose toujours, tu verras bien si je réponds ou pas, tu sais, rétorqua-t-elle après un instant de réflexion en le regardant.
  - Soit. Il réfléchit quelques instants à la question qu'il voulait poser et à comment la tourner. Elle avait l'air d'être prête à répondre mais n'abusons pas. D'où vient-elle, alors ? C'était la principale question qu'il se posait et elle ne lui paraissait pas trop intrusive.
  - Pas de quelque chose que tu connaisses. ... La jeune fille réfléchit quelques instants, commençant à fatiguer un peu de cette soirée. Elle regarda le corbeau, l'interrogeant du regard, et regarda l'homme ensuite : Je fais juste partie d'un clan, ok ? C'est tout. Si t'as une famille, dis-toi que c'est pareil, d'accord ? Ça devrait te répondre. Si t'en as plus hé ben... Tant pis. Je suppose.
Sur ces mots, elle retourna le second verre donc elle s'était servi et le corbeau vint s'y poser.
  - Je vois. Répondit-il avant de jeter un coup d’œil dehors, sentant l'heure tourner. Je ne devrais pas tarder, moi. J'ai encore du travail. Il se leva, s'étira un peu et jeta un coup d’œil au corbeau avant de repasser sur la demoiselle. « Bonne nuit à vous » furent ses mots avant de partir du même pas tranquille qui l'avait vu entrer.
  - A jamais. répondit elle à nouveau, comme sûre d'elle. En fait, ce dont elle était sûre, c'est qu'elle ne dormirait pas dans cette auberge. Le test, elle l'avait donné à l'oiseau, ça suffisait. Elle n'avait pas voulu venir là, et ce n'était pas le sirop de cassis qui l'avait tellement fait changer d'avis sur le lieu.
  - Allez, viens. On s'en va, y'a plus rien à faire ici. À ses mots, l'oiseau revint sur son épaule, et à ce moment, la jeune femme, pour une raison inconnue, décida de poser une pièce sur le comptoir alors que ses frais avaient déjà été payés. Qui sait, peut-être un excès de bonté, ça semblait être, de la part de la jeune fille comme un "Bon courage pour rester là" au personnel. Qu'importait. Elle devait repartir, se disait-elle en regardant la salle qui s'était totalement vidée autour d'elle. On lui avait dit d'écouter les oiseaux, après tout, c'était avec eux qu'elle avait une communication, et c'est avec eux qu'elle devrait apprendre, à présent. Mais pour autant, elle ne comprenait toujours pas ce qu'elle avait à voir avec cette auberge. Avait-il voulu lui dire de ne pas négliger les autres ? Les citadins ? Peut-être.
    Se rendant compte qu'elle restait plantée là à regarder dans le vide, elle activa ses jambes pour se diriger vers la porte. Sa main appuya sur la poignée, tira la porte de bois. Dans sa tête, une demande au corbeau : ceci, c'était à éviter. Sur ces dernières pensées, elle passa le pas de la porte et, sembla assez vite disparaître dans les ombres. Finalement, de sa formation de garde du corps, elle avait retenu quelques leçons. Même si elle n'avait pas la discrétion des roublards. Il était temps de s'occuper d'autres tâches.

    Une fois les derniers clients partis, les employés continuèrent de tenir la taverne quelques minutes jusqu'à la fermeture. Une fois cette heure passée, ils fermèrent les portes, rangèrent et allèrent rejoindre leurs propres appartements. La soirée à la Lumière d'Opale était ainsi terminée.
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Ewakhine Do'varden
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