Arte Nemesis, gladiateur Ysachinn clandestin et invaincu. En fuite.

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Arte Nemesis, gladiateur Ysachinn clandestin et invaincu. En fuite.

Message par Sibyllina le Dim 22 Juin - 12:31

Les spoilers marqués CONFIDENTIEL contiennent des informations critiques que seuls les MJ ou les grands curieux sachant faire la différence entre leurs connaissances et celles de leur personnage devraient lire. Si vous ne vous en sentez pas capable ou préférez être surpris, ne lisez pas leur contenu !


Fiche officielle :

Identité  : Arte Nemesis (ou Artemis)
Race:  Ysachinn
Taille : 2m59
Poids : 176kg
Âge physique : 25

Divinités vénérées: Prayhiell
Réputation: Chez les Nar Groghs, très mauvaise. Connu pour être un monstre invincible, immortel et tueur de chef. Ailleurs, inexistante.

Possessions:
- Une boîte à musique Ysachinn cassée, jouant une vingtaine de notes en boucle quand remontée.
- Une poupée humaine de chiffons, tranchée en deux.



Apparence :
Si vous connaissez les Ysachinns, les Skavens ou les rat-garous, vous avez certainement une idée de ce à quoi ressemble un homme-rat géant recouvert d'une armure de cuir et de plaques de fer ici et là, n'est-ce pas ? Alors imaginez désormais votre homme-rat géant en armure, faîtes lui faire 2m60 environ pour plus d'un mètre de large.
Ses pieds sont très massifs, entourés dans des lanières de cuir remontant jusqu'aux premiers pans de fourrure, et seules des griffes noires de bien 2cm de diamètre en ressortent.
Jusqu'à sa taille, ses jambes semblent terriblement musclées, recouvertes en grande partie de pans de fourrure, eux-même sous une armure de cuir comportant des plaques métalliques entre les articulations.
Son tour de taille est impressionnant, très large, comme s'il y avait un véritable baudrier ou au moins une armure de muscles sous les peaux.
Le torse est du même acabit, recouvert par quelques plaques métalliques rendant la bête encore plus imposante, encore plus lourde.
De chaque côté, d'épaisses épaules portant chacune une partie d'armure, la seule réellement ouvragée et articulée. A l'usure, elles ont servi plus d'une fois à propulser des ennemis au loin.
Les bras sont presque aussi épais que les jambes, bien que plus courts, et se terminent par des mains au volume impressionnant, elles aussi recouvertes de lanières et se terminant par des griffes noires solides.
Plus haut, la tête est celle d'un rat en apparence, à ceci près que pas une once de peau n'est visible sous l'enchevêtrement compliqué de métal, de cuir et d'os. La gueule protégée et aux crocs recréés ferait frémir les plus audacieux, surtout lorsqu'elle se referme dans un claquement si sonore qu'on croirait presque que le monstre ait hurlé. Dans les orbites sombres ne luisent aucune lueur, comme si les yeux semblaient avoir disparu, énucléés. Une épaisse chevelure hirsute et comportant ici et là des dreadlocks s'échappe du casque lui prenant toute la tête, l'ensemble recouvert d'une capuche de fourrure très épaisse rattachée à la cape qui pendait dans son dos.
Enfin, partant de sous la cape et gesticulant selon ses humeurs, capable de fouetter comme d'agripper des objets de taille moyenne, une queue de rat articulée assez épaisse part du bas de son dos. Faisant une longueur d'environ 1m50 pour une épaisseur d'un poignet humain, elle ressemble en tout point à une queue de rat enfermée dans une armure souple et légère bardée, ici et là, d’arêtes tranchantes.



Mental :
En temps normal, toutes ses protections sont dressées pour le protéger des inconnus. Méfiant, prudent, discrèt (oui, malgré sa taille et son armure, il sait très bien se cacher de façon intelligente et peut rester des heures à observer et patienter pour qu'une occasion se présente), il sera en permanence aux aguets. Au moindre danger, sa partie sauvage prendra le dessus et il deviendra alors rapidement une furie sanguinaire si jamais sa vie est menacée. Autrement, il prendra la fuite sans chercher à savoir. Et vu son agilité et sa puissance, sa morphologie et la forme de ses jambes amplifiant ses détentes au sol, il serait utopique de chercher à la courser avec autre chose qu'une monture. Il le sait et en usera systématiquement.


Traits particuliers :
Muet, les seuls sons émis par ce rat titanesque proviennent tous de l'intérieur de sa cage thoracique. Grognements, claquement sec de la mâchoire, au mieux, seront son vocabulaire.
Éduqué pour être une bête de guerre, il a pris tellement de réflexes défensifs que des têtes pourraient rouler sans qu'il n'ait eu le temps de réaliser son geste si jamais vous veniez à le perturber ou étudier de trop près.
Et ne surveillez pas que ses mains... Pieds et queue peuvent trancher tout aussi bien.
Très clairement fâché avec l'eau ! L'odeur l'accompagnant le témoigne aisément. Odeur de terre, de sueur et de sang séché.
Lors des repas, il donne l'impression de gober tout cru les morceaux qu'il mange, morceaux qui semblent mettre un bon moment à descendre.



Capacités observables :

- Force herculéenne : issue de sa taille, de sa race, de son entraînement et de ses combats, sa force s'est bien entendu développée au fil des années. Sans être hors norme (il ne balancera jamais des menhirs sur ses ennemis), il est donc capable d'attraper un homme d'une main et de l'envoyer valser à plusieurs mètres à la ronde sans se fatiguer. En réalité, il pourrait même sûrement soulever un destrier sans armure et le porter sur ses épaules. Si sa force sur la durée est donc élevée, sa puissance instantanée, elle, est juste monstrueuse. Détruire un mur de bois, de chaume ou même de fines briques lui est assez simple d'un coup de poing. L'armure le protégeant des dégâts, il peut en effet y mettre toute son énergie, tête la première.
Il est possible qu'à force de coups de pied, il puisse même démolir un mur de pierre, pour peu qu'elles ne soient qu'imbriquées ou superposées, et non pas cimentées.

- Excellente endurance. Ici, attention. Si son endurance est en effet très bonne, c'est essentiellement dans deux situations : les combats et la course. Il peut en effet courir sur de très longues distances sans se fatiguer, de même qu'il peut se battre durant des heures s'il le faut. Dans ces cas-là, ses mouvements semblent extrêmement précis, économes, et rien n'est laissé au hasard. Si, par malheur, il venait à paniquer et à faire des gestes amples, son endurance ne serait alors pas plus élevée que celle d'un guerrier aguerri.

- Grande agilité. Là encore, il faut relativiser. S'il semble qu'il soit capable de faire des bonds normalement impossibles pour les autres Ysachinns, que ses griffes lui permettent de grimper aux parois suffisamment solides pour soutenir son poids, il ne sera par pour autant capable d'amener son pied derrière sa tête. Il est assez souple, rapide, précis, oui. Agile. Mais pas contorsionniste ni capable d'esquiver des projectiles à la Matrix. Non. Pourquoi esquiver quand les plaques des gants et avant-bras réussissent à en dévier la plupart ?

- Son armure. Soyons clairs. Si vous avez des armes contondantes, il va beaucoup rigoler. Avec la masse de fourrures et de cuir qu'il y a par dessus ses muscles, au pire, vous lui ferez des bleus. Avec des armes tranchantes, viser les articulations peut parfois s'avérer payant, si tant est que l'arme réussit à percer les différentes couches de peaux, y compris la sienne qui s'est épaissi avec les épreuves. Et quand bien même, vu sa masse de muscles, il sera utopique d'espérer atteindre un point vital. Par contre, si vous avez des armes d'estoc, son armure devient alors une véritable passoire. Que ce soit aux articulations, au sternum, à la gueule, sous et au dessus de sa queue, les points de faiblesse sont très nombreux. Néanmoins, il faudra que l'arme fasse plus de 6cm pour espérer atteindre un point vital, vue l'épaisseur à traverser tout d'abord. Enfin, les armes de jet sont classées en deux catégories : les armes peu puissantes, les projectiles provenant d'une grande distance, tous rebondiront sur ses plaques d'armure s'il a l'occasion de les présenter bien en place. Par contre, les arbalètes, arcs à poulie ou tout projectile lancé avec énormément de puissance à courte portée se fichera dûment en lui, traversant l'armure et les muscles.





Fiche complète :
CONFIDENTIEL:

Identité  : Félicia RongeOrteil
Race:  Nar Grogh
Taille : 2m31
Poids : 127kg
Âge mental : Sa maturité mentale s'est stoppée à ses 17 ans, âge de sa capture. Et il a légèrement régressé durant sa captivité.


Apparence sans armure ni ses prothèses :
Si on omet sa taille monumentale, ses épaules carrées et larges, ses jambes aussi épaisses qu'un buste humain et, surtout, sa peau recouverte de cicatrices de la tête aux pieds, dont la plus impressionnante reste sûrement celle qui lui a prit un œil devenu opaque depuis, Félicia aurait pu être une jolie orque noire à la peau brune. Avec moins de muscles, une belle coiffure, un peu de maquillage, un bain récent, elle aurait largement suffisamment de charmes pour plaire. Ses formes jadis harmonieuses et assez généreuses sont désormais recouvertes d'anciennes blessures, sa peau est tendue par ses muscles et rares sont les endroits à encore posséder de la graisse. De même, son visage n'est pas dénué de beauté, malgré la balafre courant de la joue gauche à l'arcade sourcilière, de même qu'une marque prouvant que son nez ait été brisé au moins une fois violemment. Ses canines sont fines, assez courtes, ses dents sont étonnamment en bonne santé en dépit de son régime alimentaire.
Bien entendu, d'autres détails pourraient être dénotés, mais plus personne n'a vu Félicia nue depuis sa captivité, si ce ne sont les sous-fifres de son ancien Maître.



Mental :
Elle possède deux types de caractère très distincts. Issu des combats, de l’entraînement, des souffrances et de sa race, elle possède donc un côté sauvage concurrençant celui, plus doux et enfoui en elle, hérité de ses parents.
Le premier se trouve décrit ci-dessus, dans la partie officielle. Le second, lui, est le suivant :
Patiente, elle est néanmoins assez instable et assez simplette. En plus d'être maladroite. Dîtes vous que boire dans une chope, quand votre main fait la taille d'une tête humaine, ça n'a rien d'aisé.
Si elle réussit à baisser quelques protections, vous découvrirez alors une toute autre personne. En plus d'être très douce, fragile et sensible, Félicia est surtout loin d'être aussi stupide qu'elle en donne l'air. Terrible comédienne calculant intuitivement toutes les réactions à mimer, elle ne laissera paraître ses faiblesses que devant trois personnes : ses parents et, rêvons un peu, celui ou celle qui réussira à lui faire ouvrir son cœur



Précisions diverses et mystères expliqués :
Félicia est une Nar Grogh. Une femme. Et à moins de la voir sans son armure, vous ne le saurez jamais. Elle ne parle pas, (jamais, aucun son, mais n'est pas muette pour autant) ses formes sont toutes masquées, en permanence. Elle dort avec son armure et ne la quitte presque jamais. Surtout depuis sa fuite.

Félicia est physiquement une adulte mais, mentalement, elle est restée une adolescente séparée de ses parents bien trop tôt. Elle ne connaît que peu de choses de la vie (juste ce qu'ont eu le temps de transmettre ses parents), ne sait rien faire d'autre que mentir, se cacher et se battre. Ainsi, il est assez aisé de la perturber et de la pousser dans ses retranchements. Attention toutefois, elle a pris tellement de réflexes défensifs que des têtes pourraient rouler sans qu'elle n'ait eu le temps de réaliser son geste. Et ne surveillez pas que ses mains... Pieds et queue peuvent trancher tout aussi bien.

Instable, elle a aussi désormais quelques phobies qui la tourmentent. Ainsi, elle a peur du feu, des tisons ardents très exactement, ces derniers ayant été systématiquement été utilisés pour cautériser ses plaies (d'où ses cicatrices très nombreuses et très visibles). De la foudre, aussi. De l'enfermement. Dormir dans une chambre lui sera une réelle épreuve.

Et elle est fâchée avec l'eau... L'odeur l'accompagnant le témoigne aisément. Odeur de terre, de sueur et de sang séché.

Lorsqu'elle mange, elle semble balancer la nourriture dans sa gueule sans mâcher. Ce qui est faux, bien entendu. Elle mâche juste avec sa vraie mâchoire, dont les muscles surpuissants ne font pas remuer la prothèse métallique avec si peu d'ampleur. Elle donne donc, de l'extérieure, l'impression de gober tout cru les morceaux qu'elle mange, morceaux qui semblent mettre un bon moment à descendre.

Il est une capacité que vous ne verrez que dans deux cas de figure : celui où elle a épuisé toutes les autres solutions et que sa vie est menacée, ou bien celui où vous allez mourir dans la minute, à savoir son intelligence. En effet, elle la cache en permanence derrière une maladresse et une simplicité d'esprit déconcertantes. Lettrée (mais ne sachant pas compter), Félicia est en réalité une comédienne à l'empathie exceptionnelle. Si son intellect lui permet des plans audacieux et réfléchis, elle devient un véritable génie lorsqu'il s'agit de prévoir les réactions d'autrui. Du moins lorsqu'elle n'est ni perturbée, ni charmée. Heureusement pour elle, ceci n'est encore jamais arrivé.



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Re: Arte Nemesis, gladiateur Ysachinn clandestin et invaincu. En fuite.

Message par Sibyllina le Dim 22 Juin - 12:42


Background complet (en plusieurs messages pour plus d'aisance à la lecture) :

CONFIDENTIEL:

Le livre semblait avoir été conçu pour durer et supporter les pires intempéries. En plus d'être systématiquement rangé dans une sacoche en cuir tanné faite à ses dimensions, il possédait une couverture de la même matière en double épaisseur, des reliures en chanvre tressé et des pages d'un papier épais et résistant à l'humidité. L'encre utilisée semblait bon marché mais néanmoins prévue pour résister. L'ensemble donnait une sensation de rusticité, la résistance de l'ouvrage primant sur sa qualité ou le confort d'écriture.
Et pourtant, lorsqu'il était ouvert, sur trente pages exceptées les cinq premières, il révélait alors une calligraphie soignée digne des scribes les plus maniaques. Bien entendu, comme il semblait que certains passages aient été écrits durant des voyages, ici et là des gouttes de pluie avaient en partie tâché certaines pages, de même que la plume qui avait gravé les mots avait dérapé plus d'une fois. Néanmoins, l'effort apporté à l'écriture était manifeste. La personne qui avait rédigé tout ceci était vraiment lettrée et soigneuse. Et avait très certainement récupéré le livre appartenant à quelqu'un d'autre à l'origine. Peut-être même avait-il été modifié d'ailleurs, les preuves de rafistolage étant assez nombreuses. Mais comme les cinq premières pages ne parlent que de dettes contractées par un certain Ysachinn malheureux en affaires et aux jeux, seul ce qui suivait était digne d'intérêt.
L'ensemble n'en était que plus troublant... On pouvait s'attendre à trouver beaucoup de choses sur une brute sanguinaire, qu'elle soit Ysachinn ou non. Mais pas réellement ceci.

Voici donc ce qu'on pouvait lire à partir de la sixième page :



Nous sommes au jour d'aujourd'hui le <insérer une date logique ici> de la Nouvelle Ere et ceci sont mes premiers mots.
Je me nomme Félicia RongeOrteil, de la maison Yoleneth, appartenant à la guilde d'Ysaak. Mes parents adoptifs se nomment Markal et Sinvirie Yoleneth et sont tous deux deux fidèles représentants du peuple Ysachinn. Ils m'ont nommée ainsi car, au berceau, il paraîtrait que j'avais la fâcheuse manie de ne pas rester en place et, dés lors que mes crocs ont commencé à pousser, je leur rongeais les griffes des pieds.
Je suis une orque noire reniée par son peuple, mes crocs ont poussé tôt.
Et si vous lisez ceci sans mon consentement, vous venez à l'instant de signer votre arrêt de mort. Sachez que je vous traquerai jusqu'à la fin des temps afin de vous faire taire car ceci est mon histoire, ceci est ma vie, ceci est mon trésor. Le premier qui tentera de me les voler le paiera de sa vie et de son âme. J'en fais le serment devant Prayheill.

J'ai actuellement vingt ans et cela en fait désormais trois que j'ai quitté mon père et ma mère, contrainte et forcée. Je suis actuellement sur la route, véhiculée dans une sorte de charrette bâchée dont je suis l'unique cargaison. Car je vaux de l'or pour celui qui possède ma vie, mes libertés et mon honneur. Notre destination ? Une arène souterraine et secrète d'une ville quelconque en territoire Nar Grogh. Mon pays natal, dont je ne connais rien si ce n'est l'odeur qui filtre au travers de la dite bâche, des bruits qui me parviennent. Et bien entendu, des visages, hurlements, encouragements, sifflets, crachats, giclées de sang et tripes que je croise durant mes combats.
Car ainsi est ma vie désormais. Je tue ceux qui osent défier mon maître.
Il paraît que ma côte est élevée et que ma réputation grandit. Je n'ai pas encore pu trop en voir les effets mais si, ce soir, la salle est comble, alors je saurai que je me rapproche petit à petit de mon objectif.

Histoire pour vous de comprendre qui je suis, il va me falloir remonter dans le passé jusqu'à ma naissance et vous raconter comment j'en suis arrivée à là. Bien entendu, si vous n'êtes pas autorisé à lire ce livre, je vous conseille dés maintenant de vous mettre à COURIR et de PRIER pour que je ne me rende compte de rien. Mais n'y comptez pas trop... Ma vue est peut-être très mauvaise, et ma langue peu habile... Mais mon odorat et mon ouïe sont parfaits. Je vous ai donc déjà entendu, j'ai mémorisé votre odeur. Vous mourrez, n'en doutez pas.

Bon ! Donc repartons du début.
Félicia RongeOrteil n'est, évidemment, pas l'identité sous laquelle vous me connaissez. Arte Nemesis, telle est la façon dont on m'appelle. Il paraît que cela vient d'un jeu de mots basés sur des créatures mythiques provenant d'un passé révolu. J'avoue avoir longuement cherché les origines mais tout ce que j'ai pu trouvé, ce sont les significations des deux noms ainsi recomposés. Artemis, créature sauvage dédiée à la Chasse, et Nemesis, justicière implacable appliquant sa vengeance avec impartialité. Je ne sais pas comment de tels noms sont parvenus aux oreilles de mon Maître mais il faut reconnaître que le nom de scène qu'il m'a ainsi composé correspond assez à ce qu'il a fait de moi. Une créature implacable, tuant sans pitié, sans distinction d'âge, de sexe, de race, sans me soucier des pêchés de mes adversaires.
Je précise d'ailleurs pendant que j'y pense que je n'éprouve aucun plaisir à faire ce que vous m'avez peut-être vu faire. J'ai peut-être l'air folle, simplette, de m'amuser beaucoup lorsque j'arrache des entrailles d'un coup de griffes, ne soyez pas dupe. Vous me pensiez sotte ? Est-ce que, réellement, les propos que vous lisez vous semblent provenir d'un esprit simple ?
Ne vous fiez pas aux apparences. Je ne suis que mensonge. De ma naissance jusqu'à votre mort...

Mon identité réelle m'a été donnée par mes parents adoptifs, deux Ysachinns adorables et aimant que rien ni personne ne saura jamais égaler dans mon cœurs. Surprenant, non ? Une orque noire élevée par des hommes-rats ? Alors même qu'ils se sont fait la guerre violemment et que, encore de nos jours, diverses escarmouches se produisent parfois, causant un lot de morts de chaque côté, permettant à chaque camp de continuer d'entretenir un sentiment, si ce n'est de haine (les temps ont changé, heureusement), au moins de rancune et de méfiance.
Et pourtant...

Markal et Sinvirie Yoleneth travaillaient en tandem. C'était leur façon de faire. Je dis c'était, car ils ont quitté l'armée régulière et se sont reconvertis tous deux peu après m'avoir récupérée.
Ils étaient de parfaits explorateurs, espions, pisteurs. Rien ne leur échappait. Envoyés surveiller les frontières, ils repéraient les groupes Nar Groghs en approche et prévenaient les troupes en faction. Au sein du territoire Ysachinn ? Ils s'occupaient de débusquer les traîtres, assassins et espions pour le compte de quelques nobles. Oh, ils n'étaient pas très bons pour les combats, non. Mais ils étaient agiles, rapides, discrets et surtout très intelligents. D'ailleurs, mon père était un fervent lecteur (c'était son passe-temps favori) tandis que ma mère, elle, adorait les plantes. Deux passions qu'ils m'auront transmises, bien que je les cache au plus profond de moi.

Lors d'une mission proche des frontières Nar Groghs, alors qu'ils devaient surveiller un clan qui s'était dangereusement rapproché et donnait des signes d'agressivité, ce couple Ysachinn m'a trouvée abandonnée, comme ça, loin de tout, en pleine forêt. Pas de linge, pas de berceau, pas de panier. Non, rien qui puisse ressembler à ces jolies histoires où une mère éplorée quitte son nouveau-né, déchirée par le chagrin. J'avais été laissée là dans le but très clair d'être dévorée par le premier prédateur m'ayant trouvée.
Heureusement, la chance a mis mes parents sur la route de ce dit prédateur. Le chien sauvage ne m'aura même pas trouvée, au final, car ils l'ont fait les premiers.

Et là se produisit quelque chose qui ne se produit pas souvent. Alors bien sûr, je vous raconte tout ça d'après ce qu'ils m'ont dit eux-mêmes. Ils ont peut-être enjolivé la chose. Mais quand bien même, je leur dois bien cette fidèle retranscription.
Nos peuples n'ont jamais été en bons termes et ma race est réputée pour être violente, difficile à contrôler. Et surtout, les Ysachinns nous ont chassé d'une partie de notre territoire. Tout devait nous opposer, pousser ces deux rats humanoïdes à me laisser à mon triste sort.
Ce qu'ils n'ont pas fait. Ils m'ont récupérée, m'ont cachée, m'ont élevée.
Et aimée.

Tout ce que je suis au plus profond de moi, tout ce que je cache de beau, tout ce qui reste à sauver vient d'eux, et d'eux seuls. Je leur dois l'étincelle de vie qui brûle en moi, lentement, masquée.
Malgré la tourmente, malgré les préjugés, ils m'ont adoptée et m'ont considéré comme un membre de la famille, vivant en marge de leur société pendant tout le temps durant lequel je devais apprendre à me cacher. Et une fois que j'étais en âge de comprendre et de les suivre, ils avaient fait preuve de milles astuces pour éviter que je ne sois perçue comme une étrangère, comme un danger. Souvent déguisée, ils m'ont enseigné plus de façons de tromper la vision des gens qu'il n'existe de feuilles sur un arbre. Souvent cachée, ils m'ont appris plus de façon de sauver ma peau en préférant la ruse et la fuite qu'il n'existe de nuages dans le ciel.
Mais surtout, ils m'ont appris que l'amour ne possédait aucune frontière de temps, de lieu ou de race. Et j'aime mes parents.

C'est d'ailleurs pour ceci que je suis, aujourd'hui, ainsi harnachée, ainsi vêtue de ferrailles, de cuir et de fourrures, le sang de mes ennemis caillant sur mes armes et mon armure.
Mes parents n'ont jamais été doués au combat, je l'ai déjà dit. Et s'ils avaient été autrefois engagés comme contre-espions ou protecteurs discrets contre les assassinats, les années passées dans le civil à m'élever, à me voir grandir, à me chérir, les avaient considérablement affaiblis. Les réflexes étaient émoussés, les habitudes, en partie perdues.
Quand mon Maître découvrit qu'ils me cachaient, il était déjà trop tard. Pour eux, pour moi, pour mon honneur.



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Re: Arte Nemesis, gladiateur Ysachinn clandestin et invaincu. En fuite.

Message par Sibyllina le Dim 22 Juin - 12:42

Suite...
CONFIDENTIEL:

Le guet-apens avait été parfait. Difficile de lutter contre des agents de l'ombre dévoyés, de toute façon. Surtout chez les Ysachinns.
Il n'y eut aucun combat. La reddition fut immédiate. De même que la résignation. Que ce soit mes parents ou moi-même, tous trois savions qu'il était inutile de mourir aujourd'hui et que, quoi qu'il arrive, nous nous retrouverions si les dieux le veulent.
Je fus donc capturée, enchaînée, puis entraînée, équipée, transformée.
Et c'est depuis ce jour que je n'ai plus parlé. Pas un mot, pas un son. Jamais.
D'abord, parce que je n'ai jamais rien eu à dire à mon ravisseur, si ce n'est une flopée de jurons et de menaces qui auraient drastiquement écourté mon espérance de vie. Mais en plus, cela le faisait enrager. Car il était convaincu que je n'en faisais qu'à ma tête. Même si, en trois ans, il a depuis longtemps commencé à douter suffisamment sérieusement. En tout cas, il ne m'embête désormais plus ni ne me fouette plus lorsque je ne lui réponds pas autrement que par un coup d’œil mauvais.
Bien sûr, il m'a appris un langage des signes pour que je puisse malgré tout suivre ses ordres. Il m'a bien fallu m'y plier, de toute façon. C'était ça ou mourir de faim.
Et puis... Quand il est de bonne humeur, après un combat, ça me permet de lui demander des choses qu'en temps normal je ne pourrai obtenir. Comme des herbes pour confectionner moi-même mes propres onguents et cataplasmes, lorsqu'il a le dos tourné. Lui s'imagine que je les mange, que c'est ma façon « orque » de compléter le régime alimentaire 100 % viande dont il me nourrit. Je ne lui ai jamais donné raison de s'imaginer que c'était pour autre chose. L'attirail dont il m'affuble me permet tout autant de cacher ma race que mes blessures, après tout.

Car oui, parlons en...
Extérieurement, Arte Nemesis est, pour vous, un Ysachinn titanesque de plus de deux mètres soixante, soit presque deux fois la taille d'un individu normal. Un Ysachinn portant un casque ouvragé impressionnant, véritable merveille de ferronnerie, permettant de recouvrir tout mon visage de rat pour le protéger, le masquer, protéger mes crocs. Du moins, de l'extérieur, c'est ce que vous voyez. En réalité, ce casque est bien plus complexe encore qu'il ne semble l'être, étant donné qu'il est plaqué sur mon visage d'orc. Il en répète les mouvements les plus simples, à savoir ouverture et fermeture de la mâchoire, ce qui me permet de mordre tout aussi férocement que n'importe lequel des hommes-rats. A la différence que les crocs sont de métal uniquement, et que le système de fermeture est actionné par des ressorts bien plus puissants que des muscles. J'ai d'ailleurs une séance d'exercices journaliers pour réussir à maintenir les muscles de ma mâchoire suffisamment en forme pour réussir à écarter ces râteliers de dents mécaniques.
Mais mes spécificités ne s'arrêtent pas là. Vous le savez bien.
J'ai des gants complets et articulés se finissant en d'impressionnantes griffes d'un noir profond. A l'origine, elles étaient plutôt couleur argent mais, à force de baigner dans le sang, l'alliage s'est corrodé et recouvert d'une couche protectrice noirâtre, leur conférant un aspect encore plus inquiétant. Là, pas de réel mystère. Je n'ai jamais eu de griffe, bien entendu.
Ensuite, il y a mes jambes. Tout le monde sait que les Ysachinns sont digitigrades et que, s'ils détendaient leurs jambes, ils pourraient presque mangé sur le crâne des humains. Et que les Nar Groghs, tout comme les humains et les elfes, sont plantigrades, marchant sur leurs pieds bien à plat.
Pourtant, quand vous me voyez évolué, je suis extrêmement rapide et puissante sur deux jambes massives en Z. Là encore, un chef d’œuvre de métallurgie et d’ingénierie. Mes pieds orcs sont en réalité plantés dans des prothèses artificielles qui les recouvrent intégralement, ma cheville me permettant de contrôler l'inclinaison entière de ces dernières. Dessous, un système astucieux de pistons et de ressort permettent à pieds artificiels de rester stable sur le sol et de me servir d'appuie. Bien entendu, je n'ai aucun contrôle sur les griffes qui les terminent, même si j'ai plusieurs fois prouvé qu'elles savaient trancher aussi bien que celles de mes mains. L'ensemble, vu de l'extérieure, ressemble à une sorte de paire de bottes ouvragées conçue pour Ysachinn, articulée et, comme pour les mains, comportant des emplacements par lesquels laisser passer les griffes.
Là encore, griffes artificielles, et noires elles aussi pour les raisons précitées.
Jusqu'ici, vous l'aurez compris, mon Maître possède beaucoup d'argent et achète de l'excellent matériel conçu par des génies qui n'ont pas froid aux yeux. Tout a été fait sur mesure, en prime.
Bon... Pas totalement. Du moins pas les premiers essais. J'en suis à mon quatrième casque, ma sixième paire de pieds et ma deuxième paire de gants. Les précédents ont soit cassé sous l'usure, mon poids, les os de mes adversaires, soit ils ont simplement dus être jetés avant que je ne sois blessée trop sérieusement.
Je me rappelle très bien mes deux chevilles brisées et mes orteils ensanglantés lors des essais de la première paire de bottes...
Enfin, il reste sûrement ce qui vous perturbe le plus, désormais. Qu'on créé un faux visage ou de faux pieds, c'est bizarre, mais ça reste faisable. Un gnome ou même un nain saurait très bien faire ce genre de choses si on leur demandait. Mais une queue articulée, ouvragée et préhensile, c'est autre chose, non ?
Je ne vous donnerais pas beaucoup de détails, en ce cas. Sachez juste qu'elle est branchée à mon système nerveux par une pierre magique lisant les flux intentionnels de mon corps. Si je souhaite frapper d'un coup de fouet avec ma queue, je visualise le mouvement et la pierre le lit, le retranscrivant. Les essais ont été difficiles mais ça m'a été utile plus d'une fois. Et ça donne carrément le change, n'est-ce pas ? Par contre, n'espérez pas que je vous explique comment elle fonctionne. Autant j'ai compris les autres parties artificielles, autant là, c'est clairement de l'artisanat gnome de haut vol. C'est trop pour moi.
Et avant que vous ne vous posiez la question, non, elle n'est pas greffée à moi de façon permanente. Elle est en moi, oui. Mais je peux la retirer à volonté. Heureusement que mes parents m'ont éduquée ouverte d'esprit et enseigné certains plaisirs...

Quoi qu'il en soit, mains, pieds, tête et queue, avec cet attirail, vêtue de l'armure traditionnelle Ysachinn qui recouvre ma peau, une capuche aussi épaisse que lourde, plus quelques fourrures ici et là pour combler les trous, j'ai vraiment l'air, de l'extérieur, d'un Ysachinn.

Maintenant que vous savez tout ceci, vous vous demandez sûrement pourquoi mon maître a-t-il autant dépensé pour me faire passer pour ce que je ne suis pas, n'est-ce pas ?
C'est très simple... Les Nar Groghs ne supportent pas l'idée qu'un homme-rat puisse être plus grand qu'eux. Encore moins qu'il soit plus fort qu'eux. Et du coup, les fiers à bras sont légion pour me défier, leur honneur étant bafoué par ma simple présence.
S'ils savaient... S'ils savaient qu'ils affrontaient l'une des leurs. Une femme, qui plus est. Une géante même chez eux, la nature ayant fait de moi un véritable monstre de puissance.
Sans mon attirail, je fais dans les deux mètres trente, toute redressée. Et ma carrure massive intimiderait sûrement les mâles Nar Groghs les mieux battis. Ma poitrine, mes courbes ? Vous ne les verrez probablement jamais, couverte comme je suis en permanence.
Personne ne sait mon sexe. Personne ne connaît ma race. Sauf mon Maître.
Personne ne connaît mon identité, mes rêves, mon fol espérance. Sauf mes parents.
Et vous, désormais.

Au risque de me répéter... Si vous n'êtes pas autorisé à lire ce livre mais que vous avez réussi à arriver jusqu'ici, c'est que vous me l'avez volé et avez réussi à vous en tirer.
Sincèrement, du plus profond de mon cœur... Rendez le moi au plus vite. J'en ai besoin. Écrire me permet d'éviter de sombrer dans la folie. Tous ces cadavres, tous ces combats... Alors s'il vous reste un peu de jugeote et d'humanité, venez me le rendre. Et peut-être que je vous épargnerai. Si j'arrive à vous croire sincère lorsque vous me promettrez de ne rien dire à personne, jamais.
Dans le cas contraire... Continuez de courir.



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Re: Arte Nemesis, gladiateur Ysachinn clandestin et invaincu. En fuite.

Message par Sibyllina le Dim 22 Juin - 12:42

Suite...
CONFIDENTIEL:

Suivent plusieurs pages durant lesquelles Félicia raconte les jours les plus notables de sa vie en captivité, les rencontres qu'elle a fait, les combats qui l'ont marquée. La longueur des textes diminue notablement au fil des séances, son écriture devient aussi plus souvent raturée, tandis que ses sentiments deviennent plus sombres, que la rancune et la colère l'agitent plus que de raison.
Voici les avant-dernières pages rédigées pour le moment.



Aujourd'hui, cela fait huit ans. Le Maître me l'a annoncé, rayonnant, en me donnant comme cadeau une poupée de chiffons. Pour que je puisse avoir de la compagnie lorsqu'il n'était pas là, a-t-il dit.
Après huit années de solitude dans divers cachots, cages, caisses, caves, grottes ? Une poupée ? Même pas Ysachinn, en plus. Il l'avait clairement récupérée ou volée à des humains.
J'ai détruit la poupée... Mais pas intégralement. Désormais, elle gît, tranchée en deux, de part et d'autre de ma gueule métallique. Ainsi, lorsqu'il me verra, je le lui rappellerai le sort que je lui réserve s'il me tourne un jour le dos de trop près de ma cage.
C'était amusant à bricoler... La poupée était remplie de fibres et de tissus. J'ai donc réussi à l'attacher ainsi. Elle ne risque pas de disparaître lors de mes mouvements de mâchoire et je l'ai fixée de sorte que mes crocs ne sectionne pas les ficelles.
Et le plus drôle, c'est que quand je claque de la gueule, je la vois et la sens gesticuler des deux côtés.
Quelle sensation agréable de m'imaginer qu'un jour, ce seront les membres de mon Maître qui pendouilleront ainsi...


Huit ans, c'était hier. Aujourd'hui, c'est la neuvième année qui débute, et j'ai peur...
Je me suis relue et j'ai vu la poupée sur ma gueule... Je n'ai pas réussi à l'enlever, je l'ai trop bien attachée. Mes mains sont devenues maladroites quand il ne s'agit pas de trancher. J'ai failli me blesser avec mes griffes. Faut que je fasse plus attention.
Heureusement, j'ai réussi à m'apaiser depuis hier, à force d'écouter en boucle ma mélodie-fétiche. Je me sens un peu mieux désormais. J'ai repensé à Papa et Maman. Ils me manquent tant... Il faut que je reste forte, que je m'accroche. Mais je dois aussi rester silencieuse. Le Maître a failli m'entendre marmonner il y a plusieurs mois. Je dois rester vigilante. Un jour, il baissera sa garde, forcément.
Oui, un jour.
Huit ans, et il n'est toujours pas arrivé.


Cela fait trois mois maintenant que j'ai reçu cette poupée et que je la sens s'agiter au moindre de mes mouvements. Maître n'a qu'à peine réagi en la voyant, souriant légèrement sans témoigner d'autre émotion.
Que pense-t-il donc ? Je ne le comprendrai jamais. J'ai cessé de chercher à y parvenir.
Heureusement, aujourd'hui, il m'a fait prendre l'air, pour la première fois depuis deux ans. En pleine forêt, proche d'un cours d'eau. Je n'aime pas l'eau. Comme mes parents, je crois bien. Je ne suis plus trop sûre... J'ai du mal à me souvenir d'eux.
Et ma fourrure a été lavée et brossée, mes plaques d'armures, polies et lustrées. Même mes organes métalliques ont été récurés et réparés. Paraît que j'en avais besoin et que je devais être présentable pour le combat de demain.
Moi, je ne sens plus tout ça... Les odeurs ne m'intéressent plus tant, désormais. Surtout que tout sent le sang, partout. Et j'en ai assez du sang. J'ai perdu goût à prendre soin de moi.
Alors bien entendu, j'étais enchaînée, et ainsi, je n'ai rien pu faire d'idiot. Néanmoins, je n'ai pas pu retenir un grand sourire lorsque, nue et sans mes protections, les sous-fifres de Maître m'ont découverte pour la première fois. D'ailleurs, c'était la première fois que je les voyais vraiment. Jusqu'ici, je n'avais jamais pu que les entendre, alors qu'ils déplaçaient ma cage bâchée.
Mais je crois qu'ils ont eu encore plus peur que quand je portais tout mon attirail.
Il faut dire que je ne dois pas être bien jolie à voir... Je suis sale, je pue, j'ai le corps recouvert de cicatrices plus ou moins profondes qui m'ont au cours des combats tatoué d'étranges motifs sur le ventre, la poitrine, le dos, les biceps et les cuisses. J'ai d'ailleurs perdu un œil il y a deux ans et la blessure s'était infectée, vu que je n'ai pas pu me soigner efficacement. Maintenant, à la place, j'ai une belle balafre coupant jusqu'à mon arcade sourcilière.
Maître avait dû me faire cautériser à l'ancienne, avec un tison ardent, pour éviter que je ne meurs. Je m'en rappelle très bien... Maître n'aime pas quand il doit dépenser plus que de raison pour mes blessures. Et là, celle-ci avait bien failli m'emporter. Il me l'a fait payer, oh oui. J'ai bien compris que je ne devais plus jouer avec mes adversaires. Certains avaient de la ressource. Le coup de dague dans ma mâchoire avait failli changer l'issue du match.

Si je me rappelle bien, c'est le seul de mes adversaires qui devait être non identifiable quand Maître m'a électrocutée pour me faire cesser le combat.
Y avait des bouts partout... Il l'avait mérité.
Mais sinon, donc, aujourd'hui, je suis propre. Ça me fait bizarre... Je me sens respirer plus aisément.
Quand j'écoute la mélodie de ma boîte à musique, j'arrive presque à revoir le visage de Maman, quand elle me chantait cette chanson pour me faire rigoler, alors qu'elle me faisait prendre un bain.
Tu me manques, Maman.



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Re: Arte Nemesis, gladiateur Ysachinn clandestin et invaincu. En fuite.

Message par Sibyllina le Dim 22 Juin - 12:43

Suite et fin...
CONFIDENTIEL:

Les dernières pages sont à nouveau écrites de façon plus droite, la calligraphie est plus soignée. Elle reste moins jolie qu'à l'origine mais on sent un effort très net porté sur la rédaction.


Huit ans, trois mois et deux semaines.
Ce fut la durée de mon esclavage auprès de Maître.

Maître... Devrais-je plutôt dire mon ancien maître, mon tyran, mon persécuteur, celui qui m'a tout volé, qui a tout brisé.
Huit ans, trois mois et deux semaines...
A ce moment-là, j'avais tout juste dix sept ans et j'arrivais à l'âge adulte avec toute ma haute taille, mes jolies formes, ma belle frimousse. Mère adorait mes quenottes qui pointaient dans le sens opposé à celles de sa race. Ma race. Car à mes yeux et aux siens, j'étais toute aussi Ysachinn qu'elle.
Tout comme pour Père, d'ailleurs.
La mélodie que tous deux chantaient lorsqu'on se baladait en forêt, que Mère me faisait prendre mes bains, que Père m'apprenait à bondir et esquiver, m'est revenue. La boîte à musique qui me suit maintenant depuis cinq ans ne m'est plus nécessaire. Même si je l'ai prise avec moi malgré tout. Elle m'a permis de tenir, je ne pouvais pas la laisser derrière moi.
Une jolie chanson, assez coquine, en réalité, lorsqu'on en connaît toutes les paroles...

J'ai... Encore du mal à réaliser, à vrai dire. Tout est revenu d'un coup, d'un seul, quand...
Enfin non. Je n'ai pas tout récupérer. Je sens que mon esprit est encore embrumé, la rage me vient aisément quand je pense à mon ancien maître, et... Je n'arrive plus à parler. J'ai bien tenté, plusieurs fois, mais plus aucun son intelligible sort de ma gorge. Je me demande si le port de la gueule artificielle n'a pas fini par m’abîmer les cordes vocales.
Tant pis.

Je prends le temps de rédiger tout ça car je suis encore au proie à des amnésies aussi passagères qu'imprévues, de même qu'à des accès de délire. J'ai joué l'idiote sauvage trop longtemps, ça a déteint sur mon intellect.
Heureusement, toi, mon livre, tu m'as suivie et, à force de te relire, d'écrire dedans, tu m'as sauvée. Toi, la boîte à musique, et le jeune neveux du maître...

Je ne connais pas son nom. Je ne l'ai pas compris quand il me l'a murmuré. J'étais dans mon monde, à ce moment-là, à écouter ma boîte à musique... Il n'a réussi à obtenir mon attention qu'en se mettant à chanter très bas la chanson en rythme avec la boîte.
Ça m'a comme électrifiée, j'ai réagi violemment. Je l'ai regardé avec mon œil valide, cherchant à comprendre qui chantait. Père ? Mère ? C'était eux ? Ils venaient me récupérer, enfin ? Alors qu'on s'était promis de se retrouver sans causer de violence inutile ? Ils avaient acheté ma liberté ?
Non, le maître ne m'aurait pas laissée partir pour de l'argent. Il avait trop investi, trop gagné et perdu à la fois pour maintenir mon équipement, ma côte durant les paries, pour se laisser acheter et me libérer.
Non, ce n'était pas le maître, c'était un jeune Ysachinn terrorisé qui, tremblotant, s'approchait de la cage en tentant, tout en chantant, de m'apaiser avec des gestes doux.
Je crois que tous les sous-fifres du maître savaient ce qu'ils risquaient à s'approcher trop proche des barreaux. Ils me nourrissaient d'ailleurs en balançant les morceaux de viande au bout d'une pique, en soulevant la bâche.
Il avait fallu que d'un seul mort parmi eux pour qu'ils retiennent la leçon.
Et là, agité comme une feuille en plein hiver, avec la voix dérayant plusieurs fois, ce jeunot venait se placer la tête entre les barreaux, à me regarder de ses yeux brillant de frayeur et d'un autre sentiment que je ne reconnaissais pas.
Je n'ai pas réagi de suite, je ne comprenais pas. Je ne comprenais pas pourquoi je n'avais pas envie de le tuer, comme tous les autres. Que se passait-il ? Pourquoi je me sentais si bizarre ? Comme si j'étais malade. Pourtant, je n'avais aucune blessure, malgré les combats que j'avais menés récemment ?
Ah, d'ailleurs, quelle blague... Un chef de clan Nar Grogh ! Avec ses deux champions ! Les trois à la fois, armés et vêtus d'armure ! Dans une arène de même pas dix mètres de large ! Ils pensaient que la faible superficie m'empêcherait d'éviter leurs attaques combinées.
Pff... Ç’avait été l'exacte vérité ! Ils n'avaient vraiment pu éviter aucune de mes attaques. Le maître avait été à la fois furieux et ravi. Ravi de me voir gagner, malgré les paries en ma défaveur, bien sûr. Mais furieux car le combat n'avait pas duré vingt secondes que, déjà, mes adversaires gisaient dans leur sang. Est-ce ma faute, à moi, si la haine rend aveugle et stupide ? Je suis peut-être une bête sauvage, un monstre, mais je ne suis pas sotte !
Enfin, je m'égare... Ce chefaillon est mort, et on a dû plier bagage car les Nar Groghs, très étrangement, n'arrivaient pas trop à se réjouir de ma victoire.
Est-ce que le maître pensait que j'allais perdre, ce soir-là ? Je me le demande, désormais. Tout avait été fait en ce sens, en tout cas.
Cela faisait une semaine qu'on me faisait jeûner. Et à chaque fois que j'essayais de pratiquer un peu de mes exercices de musculation et d'assouplissement, je me prenais une décharge par ma queue articulée. J'avais l'interdiction d'être en forme.
Ils m'avaient même donné une sorte de bouillon, avant le combat. Mais ça ne sentait pas bon. Pire que le sang. Je crois qu'il y avait des choses pas terribles, à l'intérieure. Un poison, un somnifère, je ne sais pas trop. Ça a fini dans la paille, pas dans mon estomac.
Quoi qu'il en soit, là, j'avais un Ysachinn craintif qui me faisait face et me tendait une main. Oui, une main. Voulait-il que je la lui tranche ? Il n'en avait plus besoin ? Non, bien sûr que non. S'il me tendait la main, c'est parce qu'il voulait... M'aider ?

Et là, j'ai revu mes parents me tenant en main, tous les deux, pendant qu'on courait à travers champ. Je me suis mise à pleurer, sans réussir à m'arrêter, et ma boîte à musique est tombée, stoppant ainsi la mélodie.
Le jeune Ysachinn a bien murmuré des choses, mais je n'ai pas pu comprendre l'ensemble. J'étais trop secouée. Depuis plusieurs années, je n'arrivais plus à me souvenir de Père ou de Mère. Et là, je voyais leur visage clairement, leurs mains tendues.
J'ai accepté cette main tendue...

Pourquoi est-ce que ce neveux m'a aidée ? Je ne l'aurais sûrement jamais su si, alors même qu'il venait d'ouvrir ma cage, il ne t'avait rendu à moi, toi, mon livre.
Car oui... Il t'a lu. Intégralement, de bout en bout. Je ne pensais pas qu'il y avait des lettrés dans l'entourage du maître. Je croyais qu'il ne s'entourait que de sots et de costauds faciles à contrôler.
Il t'a lu, et il m'a sûrement prise en pitié. Du moins c'est ce que j'essaie de me convaincre, car je n'ai pas pu le lui demander.
J'ai eu le temps de récupérer le livre, de le cacher à nouveau dans mes fourrures, puis de me glisser hors de la cage. Ensuite, l'alerte a été sonnée dans le petit campement formé par la troupe du maître, et j'ai dû courir, courir, sans m'arrêter, sans me retourner.
Je doute que ce gentil neveux ait survécu... J'en doute fort. Mais il ne disparaîtra pas totalement. J'ai son odeur dans mes narines, les contours de sa main gravés dans la rétine de mon œil valide. Il restera dans ma mémoire et mon cœur. Je ne t'oublierai pas, jeune sauveur. Pour toi, je vivrai. Pour toi, je reverrai Monsieur et Madame Yoleneth. Et si je dois, pour ceci, tuer tous les assassins que le maître enverra à leur encontre, et bien je le ferai.

Là, je suis à l'abri, à nouveau, dans une petite grotte. J'ai réussi à semer mes poursuivants et les chiens à force de courir dans l'eau. Je suis trempée, ma queue grésille un peu, mais je crois que tout semble encore bien fonctionner.
J'ai hésité à me débarrasser de tout mon attirail pendant un temps, avant que je ne me rappelle vraiment qui je suis. Je suis Félicia RongeOrteil, et je suis Ysachinn, maîtresse dans l'art de la tromperie. Je ne peux pas abandonner cette illusion que je donne, pas maintenant. Arte Nemesis, champion Ysachinn décérébré et invaincu, devra vivre encore quelques temps. Libre.

Pendant que j'y suis, j'avoue être perturbée... Comment est-il entré en ta possession, cher livre ? J'ai bien réfléchi, et je pense pouvoir dire que c'était lors du dernier bain. En effet, les rares fois précédentes, j'avais réussi à cacher mon livre dans mes fourrures, que je savais bien que personne ne nettoierait. Or là, elles l'avaient été. Donc quelqu'un avait forcément trouvé la poche secrète que j'avais trafiquée avec mes griffes, quand j'avais encore toute la mobilité de mes doigts.
Et ce quelqu'un, ça devait être ce jeune rat. Je ne vois que ça de logique. Sans quoi, le maître aurait eu connaissance du livre, et il m'aurait été enlevé à jamais. J'aurais été brisée, sûrement tuée même dans l'heure. Or là, non, rien ne s'était passé d'étrange.
Dire qu'à ce moment-là, je ne m'étais rendu compte de rien... A quel point étais-je donc si abrutie par mon rôle de machine à tuer ?

En tout cas, à partir d'aujourd'hui, Arte Nemesis ne tuera plus que pour sa survie, et non pas pour les profits d'un maître cruel.
Aujourd'hui, Félicia revient parmi les vivants.


Voilà, cher livre, la première journée de ma vie où je me sens à nouveau bien...
Comme fond sonore, j'ai le bruit des vagues qui s'écrasent sur la coque du navire. Comme parfum aux alentours, des épices, l'odeur du cuir et de bois humide. PrayHiell, que ces odeurs me sont douces à ressentir. Odeurs de liberté, d'un voyage au loin.

J'écris, là, recroquevillée à fond de cale, à la lueur de la pierre magique de ma queue. Elle fonctionne toujours très bien, d'ailleurs. Je ne sais pas qui il est allé embêter pour obtenir ce dernier modèle, mais elle est sacrément efficace et se recharge d'elle-même avec... Hm... Je vais garder le détail pour moi. D'ailleurs, peut-être qu'elle ne se recharge pas que comme ça. Peut-être que la chaleur de mon corps aussi lui donne de l'énergie ? Je ne sais pas trop. J'avoue que je ne comprends pas comment cette gemme fonctionne. Je sais juste que, là, elle me permet de voir ce que j'écris.
L'encre ? Un peu d'eau de mer et un peu de poudre tombée d'un des nombreux sacs. Je ne sais pas si c'est une herbe aromatique, une épice, ou si c'est un colorant prévu pour les tisserands. Mais en tout cas, ça marche bien. Ma plume ? Une de mes griffes, bien sûr. Je commence à plutôt bien écrire avec, d'ailleurs. Au point que, quand j'ai tenté d'enlever mes gants et de le faire à l'ancienne, à l'aide d'une brindille taillée, je me sentais toute gauche.

Bref, encore une fois, je m'égare...
Je suis donc en fond de cale dans un navire au pavillon inconnu. Je ne sais pas qui ils sont, où ils vont, et à vrai dire, je m'en moque royalement. Tant qu'ils s'éloignent des côtes Ysachinns, ça me va.
Car j'y ai bien réfléchi. Le maître ne tuera pas mes parents tant qu'il n'aura pas retrouvé ma trace. Il sait trop à quel point je tiens à eux et préférera s'en servir pour me faire revenir plutôt que de se venger. J'en ai l'intime conviction. Il n'est pas idiot. Cruel, sadique, oui. Mais pas idiot.
Alors j'espère que j'ai raison d'espérer que, tant que je serai loin d'eux, mes parents vivront. Peut-être qu'ils ont repris du service, en plus ? Si ça se trouve, je me fais du soucis pour rien.

Quoi qu'il en soit, je suis ici en clandestine et j'ai bien eu du mal à ne pas me faire remarquer toutes les fois où les matelots sont descendus pour vérifier tantôt ceci, tantôt cela. A croire qu'à la moindre petite tempête dehors, ils s'imaginaient que leur rafiot allait prendre l'eau de toute part. Y a intérêt que non, car je serais aux premières loges pour boire la tasse !
Je crois que ce sont des humains, à leur accent et à leur façon de parler. N'en ayant pas encore vu de près, je ne sais pas trop. Faut que je réfléchisse à comment sortir de là une fois qu'on sera arrivé à leur destination finale. Déjà, je sais que je ne bougerai pas de là tant que suffisamment de jours ne se seront pas écoulés. Car les distances, ça se compte ainsi. Et à moins de trois jours de distance, je ne sortirai pas. Je ne veux pas retourner à un endroit où le maître pourrait me retrouver.

Peut-être que je pourrais tenir dans une des caisses ? Hm. Non. Elles sont trop petites et je suis bien trop lourde. Ils se douteraient de quelque chose. La même chose en séparant mon équipement de moi-même ? Ça marcherait peut-être mais, d'une part, où mettrai-je la marchandise ainsi remplacée et, d'autre part, comment être sûr de retrouver mes possessions une fois dehors ?
Hmm... Je sens que la sortie risque d'être musclée. Je devrais me reposer et reprendre des forces.
Ça tombe bien, je crois que je viens de repérer quelques épices au fort intérêt médical... J'ai là des feuilles d'un thé énergisant, là bas de la poudre d'os très nutritive, et je pense me rappeler avoir vu des sortes de piments. Parfait pour ce que j'ai en tête...
Le départ devra être rapide, afin que je n'ai à blesser personne.
Je ne veux plus blesser qui que ce soit si j'ai le choix. J'ai suffisamment de morts sur la conscience.

Cher livre... la prochaine fois que je t'ouvrirai, je serai sur une terre inconnue, libre, commençant une nouvelle vie !

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Re: Arte Nemesis, gladiateur Ysachinn clandestin et invaincu. En fuite.

Message par Sibyllina le Sam 13 Sep - 21:49

Ceci est un "placeholder" (réserveur de place) qui sera changé et adapté au fil des aventures.



Dernière édition par Sibyllina le Sam 13 Sep - 22:10, édité 1 fois

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Re: Arte Nemesis, gladiateur Ysachinn clandestin et invaincu. En fuite.

Message par Sibyllina le Sam 13 Sep - 21:54

Ouverture aux commentaires, questions et conseils à partir d'ici. Merci d'avoir lu !

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Re: Arte Nemesis, gladiateur Ysachinn clandestin et invaincu. En fuite.

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