Tylanhnem, l'elfe renégat

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Tylanhnem, l'elfe renégat

Message par Alistair le Mer 4 Juin - 15:07

Je m’appelle Tylanhnem, j’ai 18 ans, et je suis un elfe sylvain, enfin j’ai été un elfe sylvain … il fut un temps.
Comment je suis arrivé dans cette taverne, si loin de ma forêt d’origine ? Je crains que ce ne soit une bien longue histoire, et assez triste, il faut l’admettre. C’est l’histoire d’une vie.

Ma famille, sans être connue, était reconnue et appréciée par ses pairs. Bien intégrée dans la société, elle aurait du être un cadre parfait pour élever un enfant. Mais il s’est passé un événement qui a dirigé toute me vie, un événement si insignifiant qu’il serait passé inaperçu dans toute autre société, mais qui, du fait de ma parenté elfique, à prit une tournure d’une ampleur redoutable. Je suis né avec les cheveux noirs.

Oh, vous pouvez rigoler, vous avez oublié combien cruels peuvent se montrer les enfants envers un individu un peu différent. Les elfes n’ont pas les cheveux noirs, ou si rarement qu’ils en deviennent des exceptions. Je n’en ai moi-même connu aucun autre. Je me suis même demandé d’où je pouvais bien les tenir. En effet, ma mère à la chevelure d’un blanc de premières neiges, qui tend vers l’émeraude sous la lumière du soleil traversant le feuillage des arbres de ma ville natale. Quand à mon père, il a les cheveux du brun de l’écorce d’un jeune chêne.

Peut-être était-ce de ma faute si l’on me mettait de coté. Après tout, peut-être étais-je trop timide, ou peut-être que je manquais de confiance en moi. Quoi qu’il en soit, doté de ce tare génétique, je dus apparaitre comme une cible de choix pour toute la rancœur qu’ils avaient en leur sein.

Ma scolarité se fit sans heurt, du moins en apparence, bon élève j’espérais que de bons résultats scolaires parviendraient à me faire un peu mieux accepter. Rétrospectivement, je ne suis pas sûr que cela ai vraiment eu une influence. Je grandis seul, uniquement accompagné d’un jeune merle qui, allez savoir pourquoi, semblait s’être prit d’affection pour moi et sur qui je reportais la mienne. Son plumage d’un noir d’encre faisant ironiquement écho aux mèches qui me retombaient dans les yeux.

Lorsque j’ai atteint mes quatorze ans les choses ont commencé à s’améliorer.

Je viens d’une petite ville nommée Flyhnn Aïre, affiliée à la maison Yeeth Nell, maison des archers. J’ai eu la chance de tomber sur un maitre qui a su distinguer que, bien qu’étant un archer plus que correct, mon véritable talent se cachait dans une paire de lames jumelles qu’il m’a confié peu après le début de mon apprentissage. C’est mêmes lames que je porte en permanence dans un baudrier fixé à mon dos.

Sanaël, c’est ainsi qu’il s’appelait. Il connaissait mon passé, à vrai dire je porte ce passé en permanence sur moi, c’est pourquoi, s’il m’entrainant à tirer au vu et au su de tous, il préférait poursuivre mon entrainement à l’escrime à l’écart de mes condisciples. Il est vrai qu’il existe une guilde dédié au combat à l’épée, mais, dans mon cas, afficher encore une exception serait revenu à jeter de l’huile sur le feu.

Pendant trois années humaines, cet apprentissage forgea mon corps et mon esprit, mes épaules s’élargirent tandis que je m’assumais, et que je m’endurcissais aussi. Peu à peu, ce sentiment de rejet qui m’habitait d’aussi loin que je me souvienne se transforma en une farouche volonté d’indépendance. Usé de vouloir à tout prix rentrer dans le rang, je tirerai désormais mon énergie de la solitude.
Alors que la troisième année se terminait, Sanaël lui même concéda qu’il n’avait plus rien à m’apprendre, qu’il était désormais temps pour moi de trouver ma place en ce monde.
Le dernier souvenir que j’ai de lui tient en ces quelques mots : « On a toujours le choix, il suffit de faire le bon ».
Je n’ai pas compris sur le moment, ce n’était alors pour moi que des mots sans grand sens, mais ils m’ont suivis au fil de mes pérégrinations. Petit à petit, ils sont devenus pour moi une philosophie, un état d’esprit, une façon de dire que notre chemin nous appartient et qu’aucune force, matériel ou non, ne peut nous dicter notre conduite. Nous sommes seuls aux commandes de notre vie.

C’est ainsi que j’ai parcouru la forêt, pendant une de vos années entière, à la recherche de ma place en ce monde. Je n’ai, en revanche, jamais osé passer la lisière. Je ne le savais pas encore mais il restait quelque chose qui me retenait, qui m’empêchait de partir vraiment.
Durant mon voyage, j’ai rencontré énormément de monde, vu de nombreuses villes, mais je n’ai jamais reçu qu’un accueil cordial mais froid. C’est donc sans regret que j’ai clôturé mon voyage et suis retourné dans ma ville natale.

Je pensais avoir appris, je pensais être devenu fort, et je voulais le prouver au monde entier. Le banquet qui serait bientôt organisé serait l’occasion de renouer le contact avec ma génération. Si moi j’avais changé depuis toutes ses années, les autres aussi, c’était une évidence.
En effet, quand je suis arrivé tout s’est passé pour le mieux. J’ai retrouvé mes parents avec émotion et je pense pouvoir dire que mon père était fier de voir ce que j’étais devenu, c’était pour moi la plus grande des récompenses.
Quand au banquet, il arriva beaucoup plus vite que je ne l’avais imaginé, en effet seulement quelques jours après mon retour, je trouvais en me réveillant des décorations partout dans la ville. Un nombre impressionnant de personnes couraient dans tous les sens à la recherche, qui de guirlandes, qui de préparations culinaires…

Alors que le jour tombait, j’enfilais mes plus beaux atours et partis rejoindre la plate-forme aérienne où étaient dressées les tables.

Ce fut une soirée magique, les plats étaient enivrants de saveur, la musique envoutante et la compagnie tout à fait agréable. Quand vint le moment de danser, je choisis toutefois de rester à l’écart et de me contenter de profiter du spectacle. N’ayant jamais vraiment été enthousiasmé par la danse, je n’avais jamais non plus vraiment pratiqué, de plus le temps des combats suivraient et je tenais à être prêt.

C’est donc dans cet état d’esprit bienheureux mais concentré que je récupérais mon sac pour y placer mon armure de Lynan et mes armes.
Tout équipement était interdit pendant le combat, mais je trouvait rassurant de les savoir à porté de main et je n'aurais pas voulu les voir rester à s'abimer chez moi.
Lorsqu’on appela tous ceux qui devenaient majeur cette année, j'étais prèt, frais, calme et détendu.

Le premier des candidat sélectionné se battit vaillamment, il tint ainsi pendant trois match avant de s’écrouler, épuisé.
La coutume veut que les matchs se déroulent ainsi, de façon amicale. Le perdant s’en sort avec bon nombre de bleus et d’ecchymoses, voire une entorse pour les plus malchanceux, et le gagnant… subit à peut près la même chose à vrai dire, mis à part qu’il est toujours debout à la fin.
Ce premier concurrent s’en sortait bien, une bonne nuit de repos et il serait sur pieds. Avec quelques courbatures, mais sur pieds.

Alors qu’il sortait de l’arène avec difficultés, aidé de ses amis, on appela un autre nom :
« Testynn »

Le jeune elfe en question resta figé l’espace d’un instant  puis, reprenant peu à peu ses esprits, s’avança d’un pas d’automate  vers le centre. Un premier adversaire s’approcha à son tour, ils se saluèrent puis se mirent en garde. Ils échangèrent quelques passes et je su que ce Testynn gagnerai. Son adversaire était légèrement plus lent que lui, pas de beaucoup mais suffisamment pour faire la différence. De fait, après quelques minutes il parvins à le faire tomber et à le maintenir à terre.

Je choisis d'entrer dans l'arène alors que le vaincu se relevait en se massant l’épaule. Vu de près, mon adversaire parraissait plus grand, plus menaçant aussi. Je ne savais pas d’où cela pouvait venir mais je ne me sentais pas à l’aise en sa présence, même en faisant abstraction du fait que nous étions là pour nous battre.
Nous nous saluâmes et le combat commença.

Cette fois le combat était plus équitable, plus équilibré. A dire vrai, aucun de nous ne parvenait à prendre le dessus sur l’autre.
Soudain, alors que nous semblions être dans une impasse, il donna un crochet du gauche.
Je l’esquivai de justesse et aperçu dans le même mouvement une présence derrière moi.
Sans avoir le temps de réagir, je me senti tiré par les cheveux et tombai à terre.
Quelqu’un se jeta sur moi et me roua de coups, suivi, quelques secondes plus tard, par un second puis un troisième individu.

A moitié assommé, j’entendis quelqu’un crier dans la foule.

Un de mes agresseurs s’envola pour atterrir plus loin, projeté par quelqu‘un venu m’aider que je n’ai pu distinguer.

D’un coup de pieds, je parvins à repousser les deux autres et à me relever. Sans prendre le temps de me retourner je me suis enfui.
J’ai couru sans m’arrêter, attrapant mes armes et mon sac au passage.

J’ai couru ainsi pendant deux jours, cherchant à mettre le plus de distance possible entre moi et cette ville de malheur.
Quand j’ai enfin vu la lisière de la forêt je n’ai même pas réfléchi, j’ai simplement continué à courir.

Depuis, je parcours le monde, un monde un peu plus grand qu’avant à mes yeux, en proposant mes services comme mercenaire ou éclaireur. Je vis libre maintenant, porté par le vent je fais mes propres choix sans savoir de quoi sera fait demain.

C’est ainsi que ce soir j’ai poussé la porte de cette taverne...

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