Journal de Sylvia Buckhouse

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Journal de Sylvia Buckhouse

Message par Ewakhine Do'varden le Ven 12 Déc - 22:08

Bonjour inconnu ou inconnue,

Si tu écoutes ces disques c'est que je suis morte. Ou que j'ai égaré mes disques de cire, auquel cas, si tu pouvais me les rendre rapidement sans les écouter, je t'en serais grée.
M'enfin... si ta curiosité l'emporte, je te souhaite une bonne écoute. Je te demande juste de ne pas trop me juger, j'ai certainement fait des choses dégueulasses dans mon existence, mais peux-tu réellement avouer être blanc comme neige ? J'en doute, toi aussi t'as fait des conneries, toi aussi t'as été cruel à certains instants, toi aussi tu t'es masturbé. Alors ne me juge pas avant d'arriver à la fin de ce journal. Je tâche d'être relativement honnête et même si je ne raconte pas tout, j'essaye d'en raconter un maximum depuis mes débuts en tant qu'agent de Nostromo.

Sur ce... bonne écoute, je présume.
Tu peux encore t'arrêter là, hein ?





Dernière édition par Ewakhine Do'varden le Lun 12 Jan - 18:17, édité 10 fois
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Rendez-vous : Peel Tower

Message par Ewakhine Do'varden le Ven 12 Déc - 22:10

Rendez-vous : Peel Tower


Londres 12 Septembre 1852


Il ne faisait pas très chaud ce jour là mais il s'agit surtout de mon premier jour en tant que Nostromo. Les semaines d’entraînement avaient finalement porté leurs fruits, je m'étais suffisamment distinguée pour obtenir l'uniforme et le titre d'agent de Nostromo, ce qui me réjouissait assez à dire vrai. Me contenter d'un job de serveuse commençait à me dépiter, à mes vingt-ans passés. C'est Hélène qui avait eu raison de me pousser dans cette direction afin d'utiliser mes hum... comment disait-elle déjà ? Ah oui ! Mes talents de fouine au service du bien. Bon, le bien, c'est sympa, mais c'est surtout mieux rémunéré.
Me voici donc, après plusieurs semaines d’entraînement extrêmement éreintantes, titulaire d'un titre de Nostromo. Outre les séquences de combat très douloureuses pour moi, j'ai pu apprendre pas mal de trucs pour faire parler une personne réticente, ce fut très instructif. Cette prédisposition à parler (séduire?) m'a d'ailleurs fait suivre le cursus Inquisiteur. Je ne savais pas trop dans quoi je m'engageais les premiers jours mais ne sachant pas lire et n'étant ni spécialement discrète ni douée avec une arme, c'était la seule voie honorable qu'il me restait. Certes, cuisinière était disponible et bon nombre de mes "camarades" me l'ont conseillé en utilisant, comme argument phare, mon genre. D'un classique... Quoiqu'il en soit, pour rien au monde je ne souhaitais passer d'un job de serveuse à un job de cuisinière. Ah ça, jamais !
Au final, le cursus Inquisiteur me plut énormément et j'y ai appris de très bonnes choses. Mon plus gros point faible restait... le combat. D'un côté, je n'ai jamais apprécié cela, et sans être une sainte-nitouche, je ne trouve aucun plaisir à fracturer mon poing sur les côtes d'autrui. C'est tellement... bestial et douloureux... surtout douloureux, j'avoue.

Mais passons l’entraînement, ce n'était pas le sujet du jour. Suite à cet entraînement j'ai eu le plaisir de recevoir une convocation pour ce jour-ci à la tour de Peel tower quelque part dans Londres. Moi qui n'était arrivée dans cette ville qu'au début de l’entraînement, je n'avais guère eu le temps de visiter. Je me félicite donc encore d'avoir eu la jugeote de partir en avance. Il m'a fallu deux heures pour trouver la place, youpi. L'essentiel reste de l'avoir trouver n'est-il pas ?
Une foule de gens semblait s'être rassemblée là. Au début, j'ai cru qu'il en s'agissait que de prétendants pour Nostromo, mais bien vite en tendant l'oreille, je me suis rendue compte qu'ils parlaient des Papercuts sans même savoir ce qu'ils étaient, alala, quels ignorants... Oui, je peux me ficher d'eux même si ça ne faisait pas un mois que j'étais au courant. Je le peux parce que j'ai souffert de ce fichu entraînement !
Bref, c'est donc vêtue de mon uniforme quasi-neuf (j'avais pris le temps de l'essayer les deux derniers jours, pour être sûr qu'il m'allait) que je me suis avancée au milieu de cette foule, la tour étant dressée en plein centre. Je suis arrivée à l'entrée et pu observer un mec étrange vêtu d'une blouse et au regard... étrange. Un rapide coup de tête et nous avons patienté ensemble. Un troisième type, bien plus baraqu', s'est joint à nous, il ne respirait pas la finesse. Le premier ne m'inspirait pas confiance et me mettait quelque peu mal à l'aise sans que je puisse en déterminer la source. Peu de temps s'écoula avant qu'un troisième gaillard nous rejoigne. Plus élancé que les autres, il avait cette attitude du gars prudent. Son regard par contre...

Je n'eus pas le temps de m'y attarder qu'une secrétaire à la voix aiguë nous enjoignit de patienter dans un petit salon, le temps que notre superviseur Michael Philips nous rejoigne. Soit. Une fois enfermée seule dans la pièce, j'ai vite compris pourquoi j'étais mal à l'aise : les trois cons me reluquaient et deux d'entre eux ne s'en cachaient pas du tout ! Punaise, j'ai eu envie de les éclater mais avec ma force, ça aurait été une véritable honte. Je me suis donc contentée de jouer nerveusement avec mon couteau. Voyant leurs regards persister, c'est en pestant que je les ai envoyé bouler. Le bourrin avait l'air de s'en foutre et le gars à la blouse semblait ravi de me voir dans cette position. Le premier d'être eux s'est même permis une de ses piques sexistes que je voyais à dix kilomètres venant de cet ignare : ''Et ben alors, qu'est-ce qu'une femme vient faire dans l'équipe ?''. Du tac-au-tac, je lui réponds ''Elle apporte son cerveau, et il semblerait que c'est le bienvenue'', un truc du genre. Bon, en un peu moins classe car je restais globalement oppressée par leurs regards de prédateurs. Foutus machos ! Les deux autres n'étaient pas en reste et le soutenaient visiblement. Si cette petite réunion dans l'attente de notre superviseur était là pour que nous fassions connaissance puisqu'il s'agissait visiblement de l'équipe que j'allais rejoindre (à mon grand dam), c'était... encourageant. Un instant de gêne a plané puis la secrétaire nous a fait signe de pénétrer dans le bureau annexe, notre superviseur arrivait.
Nous sommes donc entrés dans une salle vide dotée d'un simple bureau sur lequel reposait une boîte. Un homme, âgé d'une quarantaine d'années et au visage qui semblait en avoir vu, apparut derrière nous, dans l'encadrement de la porte. Ni une ni deux, il nous explique qu'on est l'équipe Psi (le nom moisi) et nous félicite brièvement. Le mec élancé, Raven ? Raben ? Piou, bref, c't'oiseau-là s'est permit une autre remarque sexiste. Je suis restée impassible, le chef aussi, top.

Michael Philips a ensuite désigné la boîte sur la table en disant qu'elle aiderait l'écrivain. Visiblement, celui-ci était loin d'être fut-fut (c'était le mec à la blouse) parce qu'il est resté comme un con avec la boîte entre les mains, fermée à clé, sans savoir qu'en faire. Il s'est bien écoulé deux minutes avant qu'il ne pense à faire appel à nos compétences, regardant le chef sans comprendre. J'ai donc pu classer le connard élancé en tant que voleur ou espion, j'sais pas trop ce qui lui convient le plus et je m'en tape. Quoiqu'il en soit, c'est lui qui s'est occupé de la boîte. Bon, il a réussi à crocheter la serrure facilement. D'un côté c'était ce pour quoi il était bon, non ? Pas de quoi en faire des tonnes.
Dans la boîte se trouvait une belle plume, de l'encre et... du papier. Super. Après tout ce qu'on avait pu me raconter sur les Papercuts, je n'étais pas tellement à l'aise, mais d'un côté, c'était une des rares fois où je pouvais voir du papier d'aussi près. Vous savez ce qu'il a dit l'autre con d'écrivain ? ''Ah mais la plume, elle est vieille''... Sérieusement, comme ça, cash, devant le superviseur. Franchement y avait des baffes qui se perdaient, d'autant plus que moi, je voulais demander des couteaux de lancer avant de partir en mission. J'ai décidé d'attendre la fin du briefing avant d'y aller sauf que... ça ne s'est pas passé comme prévu.
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Une rencontre mémorable...

Message par Ewakhine Do'varden le Sam 13 Déc - 11:47

Une rencontre mémorable...


Londres, 12 Septembre 1852


Oh non, pas du tout comme moi je l'avais prévu en tout cas. Quand on reçoit les félicitations, l'uniforme et le titre qui va avec, on attend quoi de sa première rencontre avec son superviseur, hein ? Une première mission tranquille pour tester nos compétences avec une équipe, afin de voir ce que cela donne. Normal, non ? Et bien moi c'est ce à quoi je m'attendais.
Mais je m'embrouille, avant ça, l'écrivain a été incité à créer son premier Papercut, jusque là, tout va bien. Je passe sous silence le fait qu'il se soit lamentablement foiré à sa première tentative en se justifiant d'une manière pitoyable, il finit donc par y parvenir. J'ai pu voir mes doutes se confirmer concernant sa perversité : voilà qu'il invoque un Papercut à forme féminine, plutôt petite avec des formes qui se devinaient un peu trop facilement. Vêtu d'une sorte de tablier et d'un serre-tête brodé. Sérieusement. Et le pire fut que le chef ne bronche pas et nous annonce que cela va devenir son Papercut principal. Je devais donc compter sur les fantasmes de cet individu pour les missions à venir. Joie ! L'écrivain, Reaves, je crois, se rendit compte de sa boulette et avait l'air, une fois de plus, con. Moi qui était intriguée par ces étranges pouvoirs, la création d'être issus du papier, qui pensait assister à ma première apparition de Papercut, qui pensait être éblouie par cela, j'ai été complètement dépitée...
Mais ce n'était pas encore cela le pire. À la limite, je savais déjà qu'il ne me fallait pas compter sur cet enfoiré. Mais la suite...

Bref, pour conclure notre première supervision, Philips ne trouva rien de mieux que d'invoquer à son tour un Papercut. Et autant celui de mon « co-équipier » avait l'air pitoyable, autant celui-ci avait l'air menaçant. Bien plus grand, il ressemblait grossièrement à un pirate. L'accent avait été mis sur son hostilité a priori vu comment il nous regardait. Franchement, je n'ai pas tout compris et je n'y ai pas cru : Il voulait nous buter ? C'était quoi cette entourloupe ?! Personnellement, j'ai senti mon cœur s'accélérer et mes mains devenir moites. J'avais une très bonne conscience de mes aptitudes martiales et j'estimais celle de l'invocation comme cent fois supérieures, au moins. Le pirate de papier semblait doté d'une jambe de bois et d'un sabre de corsaire.
Je n'ai pas su quoi faire et j'ai regardé l'espèce d'espion s'élancer plus ou moins discrètement jusqu'au Papercut menaçant. Il est parvenu jusqu'à son dos, je ne sais trop comment, et lui a planté son couteau (dague?) dans le dos. Ça n'a pas eu l'air d'avoir eu beaucoup d'effets. D'un côté avec des muscles comme les siens, fallait pas s'attendre à des miracles.
Du coin de l’œil, j'ai vu l'écrivain de pacotille ordonner à son Papercut de rester près de lui et de le protéger. Une vraie fiotte, débordant de lâcheté. Cela m'a fait bouillir mais je n'ai rien eu le temps de dire, car non seulement ma gorge était nouée par la peur, mais parce que j'ai été choquée de voir le pirate rendre son coup à Raven, l'espion. Ce fut assez étrange de voir cela mais le bourrin s'est interposé au dernier moment pour le protéger. Il avait l'air tout ravi du combat qui s'offrait à lui malgré l'estafilade qui lui barrait le bras en déchirant quelque peu son uniforme.
Je finis par me foutre des claques mentales puis remit mon cerveau en marche, première leçon sur les Papercuts : ils ne vivent que grâce au papier. Le papier que notre ''cher'' superviseur tenait encore entre ses mains. Maladroitement, j'ai tâché de m'avancer vers celui-ci, en gardant en visuel l'immense Papercut (en tout cas, je le voyais et le considère encore comme immense). Je parviens à mettre le bourrin, dont j'ai oublié le nom car trop proche de celui de Raven, entre notre ennemi et moi. Bien qu'il ne m'inspire lui-même pas vraiment confiance de par son regard, ses réflexions et ses réactions, au moins, il semblait du même côté que moi et savait se battre.

Je suis à peine arrivée derrière lui qu'il se décalait l'enfoiré ! Bon, ce n'était que pour mieux bouger et coller un violent coup de marteau sur la bête de papier mais quand même ! Le bruit de l'impact fut d'ailleurs très étrange et dérangeant. Je l'entends encore et j'en frémis. Le pire c'est que ça n'a pas suffit. Le Papercut était encore bien debout. C'est en parcourant des yeux la pièce sur une solution que je vis le voleur complètement perdu, ne sachant que faire. J'ai eu l'impression qu'il se rendait enfin compte de son inutilité au combat. Qu'il était chou . Le voir aussi stupide m'a horripilé sur le coup, et je lui ai gueulé de déchirer le papier. Il m'a regardé incrédule en me questionnant sur l'évidence sous son nez : ''Où ?'' me demanda-t-il. Je crois lui avoir répondu un truc du genre ''Dans ses mains, connard !''. Oui, j'étais extrêmement vulgaire mais le stress me rend vulgaire et peu accessible, or là, au stress s'ajoutait une dépression qui menaçait de me submerger : si je parvenais à m'en sortir, je devrais me coltiner cette bande de boulets. J'ai sérieusement envisagé de repartir prendre mon job de serveuse loin de Londres.
Fort heureusement, après une autre vague d'insultes, il a compris ce qu'il devait faire et s'est élancé près de Michael Philips. Je n'ai pas bien vu son geste mais il a réussi à se retrouver avec le papier entre les mains. Il était tout fier de l'avoir récupéré mais semblait de nouveau perdu, comme réticent à le déchirer. Il le déchira finalement, l'attitude menaçant du pirate qui se tournait vers lui, le décidant enfin. Le Papercut disparut.

J'ai senti la tension disparaître et la pression s'abattre sur moi. Je ne parvenais plus à parler, encore choquée de ce dont je venais d'être victime : mon équipe, mon superviseur et son Papercut de mouise ainsi que mon superbe talent de self-contrôle mis à vif. Mon cœur battait la chamade et je me tenais au mur.
J'ai pu voir l'écrivain enfin sortir de sa planque sous le bureau pour aller penser les blessures du bourrin. Je devenais hystérique sans réellement mettre en avant une raison particulière, la simple accumulation de choses était suffisante. Le fait que Philips reprenne son speech mine de rien en faisait partie. Comme s'il n'avait pas essayé de nous tuer à l'instant précédent. J'enrageais mais me suis contenue.
Quand il a parlé de ''votre première mission'', j'ai veillé à me montrer un peu plus attentive. Mon corps pulsait encore de toutes parts et dans toutes les directions, mon esprit hurlait envers chacun de mes coéquipiers et fulminait littéralement contre Michael Philips et ses méthodes.
Ma première mission m'attendait et je n'étais pas vraiment dans les meilleures dispositions pour la recevoir.
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Chocolats et moyen de locomotion

Message par Ewakhine Do'varden le Jeu 18 Déc - 11:32

Chocolats et moyens de locomotion


Londres, 12 Septembre 1852


John Feldmann – un antiquaire londonien – Chanchery Lane
Voici ce qu'on sait de l'individu à aller voir. Super. Et on doit aller récupérer un bouquin ''Le paradis perdu'' de je-ne-sais-plus-qui. C'est le ''chef'' qui nous a filé les infos et j'avoue que je n'ai pas vraiment prêté oreille à ce qu'il racontait car je ne souhaitais plus l'écouter. Mon estime de lui (déjà pas bien haute) avait complètement chuté et n'était pas prête de remonter. Ah ça... c'était pas pour demain. Je me demande si je vais remonter ses méthodes aux supérieurs. J'espère qu'ils ne sont pas tous comme lui parce que ça va vite me soûler. Faudrait que je vois. Mais plus tard.
Bref, ce jour-là, je recevais ma première mission. J'avais passé le test de survie avec justesse et mon corps s'en rappelait encore fort bien. C'est possible... je tremblais, je sais que j'avais mes poings serrés pour limiter cela mais je sentais bien les muscles de mes jambes flageoler. Je ne pense pas que les autres l'ait vu, trop concentré sur ma poitrine qu'ils étaient. L'uniforme c'est la vie. Sobre, classe et sans décolleté. Je m'égare.
Nous n'avons guère eu le temps de discuter, Philips ne semblait guère en savoir beaucoup de toute façon, nous sommes donc repartis avec presque aucune information si ce n'est que ce John Feldmann semblait avoir eu le bouquin entre ses mains à un instant de sa vie.
Le mec en blouse voulait aller voir directement au garage pour prendre un véhicule, mais quand Garen a parlé d'aller à l'épicerie, je n'ai pas hésité. Il était vicelard, brutasse mais sur le moment, j'avais besoin d'un truc sucré. Je crois que Raven en a profité pour aller pioncer je ne sais où. Et du coup, Reaves s'en est allé tout seul vers le garage, ce qui n'était pas pour me déplaire.

Il y avait une épicerie donnant sur la place, elle semblait bien marcher, surtout ce jour-là. La foule du jour y était pour beaucoup, je pense. Garen s'est avancé à l'intérieur et n'est pas passé inaperçu. À peine avions nous fait quelque pas qu'une vendeuse nous a abordé. Au moins, on n'aurait pas à s'éterniser. Ce qui était amusant c'est qu'elle n'a pas semblé reconnaître nos uniformes, ou bien elle en avait l'habitude. Plutôt charmante et dynamique, elle a demandé si elle pouvait nous aider ou autre. J'ai jeté un regard noir de prévention à Garen, certaine qu'il allait balancer une vanne moisie puis j'en ai profité pour me renseigner concernant leur choix de friandises/chocolats. Elle m'a proposé une petite boîte de chocolat à cinq cent. Ce n'était franchement pas cher mais je n'ai pas pu me retenir et j'ai tenté de faire baisser le prix. Il s'agit là d'un de mes défauts, je ne peux m'empêcher de négocier en utilisant mon pouvoir de séduction. C'est un jeu pour moi, et un défi à relever à chaque fois.
J'ai donc observé le paquet et l'ai mis sous le nez de Garen, m'en servant comme témoin, pour qu'il approuve le fait qu'elle me semblait abîmée. Il n'a pas été très réactif, et finalement, j'ai joué du charme à la vendeuse. Ce fut très drôle et j'en m'en suis tiré avec une remise de 40% contre un câlin et une promesse de fleur à mon retour. Ah oui, et un pacte de meilleures amies, une connerie du genre. Classique mais qui fonctionne bien en règle générale avec les niaises dans son genre. J'ai finalement payé les trois cents puis ai commencé à déguster l'une des friandises. C'était tellement bon... Je ne suis pas certain que le bourrin ait pris quelque chose et je lui ai finalement donné, très gracieusement, un chocolat. Faut dire que cela me mettait de bonne humeur. Le chocolat c'est la vie !
Nous avons pris la direction du garage, je suivais sans me presser, savourant mes chocolats avec plaisir. Peu à peu ceux-ci me redonnaient confiance en moi et me rendaient mon cerveau et le contrôle sur mon corps qui avait cessé de trembler, ce qui était loin de me déplaire. Montrer un signe de faiblesse devant ses vicieux aurait signé le début de mon harcèlement, j'en suis convaincue.  Raven nous a rapidement rejoint, sans que je ne sache d'où il venait. D'un côté, je m'en contre-fichais un peu sur le moment. Avec le recul, je m'en fous encore, en fait.
Mes préférés sont ceux au chocolat noir. Et ceux au chocolat au lait. Oui, j'ai deux préférés.

Le garage n'était finalement pas si loin et, dans ce temps clément, marcher ne faisait pas de mal. J'appréciais la brise qui nous changeait des derniers jours de pluie. Nous parvînmes au garage, un drôle de bâtiment tout en poutre métallique et remplis d'atelier et d'engin tous plus étranges les uns que les autres. J'avais déjà vu des véhicules à moteur individuel bien entendu, comme tout le monde. Mais ceux-ci me semblait nettement plus performant et plus cher. Il y en avait d'ailleurs quelques-uns qui avait la classe. Nous avons traversé quelques ateliers en demandant vite fait où se trouvait Reaves. Ce ne fut pas difficile de le trouver finalement puisque Garen l'a trouvé tout seul. Oui : je savourais toujours mon chocolat. J'ai dû en manger une bonne dizaine ce jour-là. Passons.
Je m'apprêtais à suivre bêtement Garen dans une pièce quand il en ressortit en bousculant Reaves qui bafouillait des stupidités, à son habitude je présume, pour se justifier. Je n'ai pas pris le temps de comprendre ce qu'il voulait bien nous dire et finalement, il nous mena vers un drôle d'engin. Une voiture avec plein de boutons complexes, rien qui ne m'inspirait confiance à dire vrai. Quand j'ai vu l'écrivain monter pour essayer de la faire démarrer, mon instinct m'a clairement fait comprendre que ce n'était pas une bonne idée de prendre place. Et il m'a donné raison : à peine tournait-il la clé à voiture que celle-ci s'ébranla avec un bruit désagréable et en crachotant de la fumée. Un mécano à la voix enfantine l'a houspillé et fait sortir du véhicule. J'étais hilare intérieurement et abordait un sourire suffisant en le regardant bafouiller de nouveau pour se justifier. C'était d'un pitoyable. Je plaçais de moins en moins de confiance en lui. Entre sa compétence d'écrivain à pile ou face, sa lâcheté, ses maigres compétences de médecine et son incapacité à conduire malgré ce qu'il prétendait, ça commençait à faire beaucoup.

Je ne sais plus qui des deux autres gars à proposé l'option cheval, mais c'était une très bonne idée. L'écurie n'étant pas très loin, nous nous y sommes dirigés. Et là... à quoi j'ai droit ? Un énième pervers. Pré-pubère qui plus est de ce que j'ai pu en voir et louchant plus que de nécessaire sur mes formes. C'était à croire que les hommes ne savent plus se tenir dès qu'une femme se présente devant eux, cela me dépite encore maintenant.
Et encore, les regards, ça aurait pu passer : ça s'ignore assez facilement a final. Mais sa technique d'approche... c'était un gros lourd, me draguant sans complexe avec des arguments à deux balles. Rien que sa voix m'horripilait. Je l'ai envoyé chier et on a eu nos chevaux.


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Chancery Lane

Message par Ewakhine Do'varden le Lun 5 Jan - 17:56

Chancery Lane


Londres, 12 Septembre 1852


La boutique ne se situait finalement pas très loin, notamment à cheval. Je sais que je suis restée globalement silencieuse tout le trajet et j'ignore de quoi parlèrent les trois autres mais je suppose que c'était loin d'être intéressant. J'ai senti plusieurs fois leurs regards sur ma croupe mais j'ai affecté ne rien voir, cela les auraient fait jubiler. Les rues étaient quelque peu encombrées de passants, de charrette et de chevaux mais la circulation restait fluide. Les voix de toute cette population étaient intéressantes et je m'amusais à tendre l'oreille pour essayer de découvrir quelques secrets et informations intéressantes. Je savais que ce n'était pas mon job mais... disons que c'était un plaisir personnel. Je n'ai pas entendu grand chose en tout cas. J'ai pu constater le long du trajet que l'uniforme avait un certain impact sur la populace. Quelque chose me chagrinait dans leur attitude cependant, sans parvenir à mettre le doigt dessus. Je n'eus pas le temps d'approfondir que l'enseigne se dessinait devant moi.

La cible semblait être présente puisque la boutique était ouverte.
Une fois pied à terre, je regardais les trois gus qui m'accompagnaient et je me souviens avoir lancé quelque chose comme « Bon alors, les connards. On fait quoi ? » Oui, j'étais inspirée et irritée par leurs regards durant toute la chevauchée. Ils l'avaient bien cherchés. Le pseudo voleur en a rajouté une couche en émettant l'idée d'utiliser mes... atouts pour faire parler l'antiquaire. Le pire, c'est que les deux autres ont approuvés l'idée avant que je ne puisse réagir. L'idée en elle-même n'était pas si bête que cela, en fin de compte, mais j'aurai préféré une suggestion plus... subtile. De leur part, je suppose que cela reviens à espérer la lune de toute façon. J'ai donc laissé couler et écouté la suite.
Il a été décidé que Raven se charge de passer par les toits pour atteindre la ruelle derrière et bloquer une possible évasion. J'ai trouvé que c'était vraiment pour se la pêter, il aurait pu rejoindre la ruelle à pied, mais non. Monsieur voulait montrer qu'il en avait. Et il a bien fait, ce fut très drôle : à peine avait-il commencé que sa main glissa malgré lui, certes il parvint à se rattraper prestement mais ça cassait toute la classe qu'il avait instauré dans sa montée. Un sourire narquois sur mes lèvres, j'observai son ascension. Il y parvint finalement.

C'était donc à moi d'entrer en scène. Je m'avança jusqu'à la porte et pénétra à l'intérieur.
Je pus découvrir une pièce relativement sombre et emplie de multiples étagères elles-mêmes encombrées de maints bibelots en tout genre. Je peux discerner des horloges au style antique et exotique, mais aussi divers ustensiles dont j'ignorais totalement l'utilité. L'ombre de Garen bouchant l'entrée me fit sursauter malgré moi et je fus heureuse que personne ne le remarque mais aussi me dis-je, un court instant, que j'étais contente de l'avoir dans mon équipe et non comme adversaire. Reprenant rapidement mes esprits et mon professionnalisme, mon regard se porta rapidement sur ma cible.
Celle-ci discutait avec un client. Les traits de l'antiquaire indiquait la quarantaine bien passée, ses yeux croisèrent les miens, se portèrent sur ma tenue puis s'écarquillèrent. Pestant, je réagis tardivement : ma cible s'enfuyait vers l'arrière boutique et ce avant même que je n'ai pu esquisser le moindre geste, ni prononcer le moindre mot. Voilà qui le faisait passer pour extrêmement suspect à mon sens. Je ne m'en rendis compte qu'après l'avoir fait mais j'avais gueulé le prénom du bourrin, l'enjoignant à poursuivre notre cible, je comptais quand-à moi m'occuper du client esseulé. Le voleur et le bourrin devraient se charger sans problème d'un fuyard vieillissant, et Reaves des chevaux. J'avais un doute quant à ce dernier point.

Garen traversa la pièce au pas de course, bousculant ce qui le gênait dans la pièce, quelques objets s'écrasèrent sur le sol. Une brute, pensais-je. Je me suis donc avancée jusqu'au client qui était resté éberlué par la scène, n'ayant visiblement rien compris à ce qui venait de se produire.
Celui-ci est terrifié mais répond honnêtement à mes questions. Je n'apprends hélas pas grand chose : nommé Arthur Socks, il était simplement venu cherché une lampe en bronze qui lui avait plu. Il passait souvent devant la boutique pour aller travailler mais n'y avait pénétré que très récemment. De ce fait, il ne connaissait rien concernant John Feldmann et ignorait pourquoi il avait pris ses jambes à son coup en me voyant, en voyant la brigade Nostromo. Ne pouvant rien m'apprendre de plus, je le fis quitter les lieux alors que Reaves entrait à son tour. Avec ce dernier, nous nous dirigeâmes vers l'arrière boutique de laquelle provenait quelques bruits de lutte.
Raven semble avoir donné de sa personne pour arrêter notre fuyard mais l'avoir au moins retenu. Garen avait bien amoché John de ce que j'en vis. Et bien apeuré aussi. Pendant que notre cher écrivain montrait une nouvelle fois son inutilité en fouillant vainement la boutique pour découvrir de quelconque registre, nous interrogâmes John Feldmann. Il se montrait globalement peu coopératif à mes paroles et mon meilleur argument se résumait en « Garen ? », la cible a vite compris de qui il s'agissait et ce que cela impliquait. Chaque fois que je prononçais son nom, il se recroquevillait, nous suppliait et crachait enfin les informations. Une telle loque me dépitait me je tirais une fierté mitigée à l'interroger. Mitigée parce que Raven et Garen m'épaulaient. Je suppose que c'est ce qu'on appelle le travail d'équipe. Quoiqu'il en soit, et ce malgré ses nombreux mensonges, nous sommes parvenus à lui tirer les vers du nez.


Dernière édition par Ewakhine Do'varden le Lun 12 Jan - 18:15, édité 1 fois
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Vol d'une feuille

Message par Ewakhine Do'varden le Lun 12 Jan - 18:15

Vol d'une feuille


Londres, 12 Septembre 1852


Le fameux livre ''Le paradis perdu'', d'un auteur dont j'ai oublié le nom, était bien passé par les mains de Feldmann ; il ne l'aurait eu en sa possession que quelques jours, il y a un mois. J'ai pu découvrir que la personne qui le lui avait vendu était un homme d'environ un mètre soixante-quinze, brun et à la voix grave. Rien de plus, pas de nom, que dalle. Il semblerait que Feldmann avait pour principe de ne pas demander de renseignements et de ne rien garder vis-à-vis des vendeurs de livres. Typiquement le truc chiant quoi. Et il semblait avoir veillé à ne rien conserver dans son cerveau car nous avons eu beau le terroriser jusqu'à le faire craquer, il n'avait rien retenu concernant son vendeur.
Fort heureusement, nous avions le nom de l'acheteur: un certain Sir Irving. Raven s'est donc chargé de joindre notre super superviseur. Et c'était une bonne idée que ce soit lui plutôt que moi car c'était vraiment un boulet ce mec et ma patience aurait encore été mise à rude épreuve. Soit disant Sir Irving était connu de Nostromo mais à part l'adresse Philips n'a rien pu nous apprendre sur lui. J'ai trouvé cela extrêmement foireux de sa part et j'aurais bien voulu parler à sa secrétaire puisque c'est elle qui semblait lui fournir les infos... Et on s'est finalement fait imposer une équipe de nettoyage aussi. Nous avons donc dû patienter le temps qu'ils arrivent, cela convenait au moins à notre cher écrivain qui semblait s'amuser à lire les différents livres auxquels ils ne restaient que quelques minutes à ''vivre''.

L'équipe d'intervention n'a pas tardé et je suis donc sortie de la boutique puis me suis occupée d'interroger les voisins pour voir s'ils pouvaient nous apprendre quelque chose. Peine perdue, bien évidemment...
Lorsqu'il s'est agit de reprendre la route, l'espèce d'espion nous a prévenu que l'écrivain avait dérobé une feuille de la crémation générale, juste une feuille ! ça m'a fichue hors de moi : non seulement il ne servait à rien mais il cherchait à nous attirer des ennuis, quel crétin ! J'ai dû tenir ma langue, les autres membres de Nostromo étaient encore dans le coin. Garen a tout naturellement suggéré la taverne comme lieu discret pour en parler. Ça collait bien au personnage, j'aurai pu m'en douter. Bref, c'est la proposition de notre espion, Raven, que nous avons suivie. Derrière nous, la boutique d'antiquaire brûlait d'un feu joyeux.
Nous sommes donc partis à l'opposé de la résidence de Sir Irving pour rejoindre la boutique d'antiquaire de Raven, son lieu de travail en temps normal. C'était quelque peu étrange, mais pourquoi pas après tout. Pénétrant chez lui, nous pûmes observer une boutique relativement semblable à celle que nous venions de quitter mais globalement mieux rangée et moins cramée. Raven se chargea de fermer les volets pour nous permettre plus d'intimité et alors que Garen et Reaves se fichaient encore de moi, on frappa à la porte. Ceci me glaça quelque peu, la tension d'avoir dérobée une feuille, un pamphlet, à la destruction qui lui était due ne m'avait pas quittée depuis le moment où nous nous étions mis d'accord pour en discuter plus en profondeur. Si un autre agent de Nostromo nous... non, nous aurions menti. Oui. Enfin... c'est facile de se dire cela maintenant. Sur le coup, j'étais vraiment anxieuse et ce coup à la porte libéra ma tension en me faisant sursauter. Je ne crois pas que les autres l'aient remarqué.
Nous nous sommes plaqués contre les murs, laissant Raven ouvrir et se charger de l'intrus mais prêts à l'épauler en cas de besoin.

Il s'agissait simplement d'une cliente qui souhaitait acheter un article particulier de ce que j'en compris. Je ne pus la voir mais à sa voix, je l'imaginais relativement jeune dans une robe délicate. Je lui attribuais en plus une longue chevelure blonde et un sourire ravissant de part ce que laissait percevoir Raven. Il galérait à s'en débarrasser et avant même que l'idée de l'aider ne me traverse l'esprit, Reaves s'est présenté à la demoiselle. J'avais envie de l'étriper sur le moment.
Sauf que ça a fonctionné. Sa simple présence a perturbé la fille qui a certainement conclut qu'il s'agissait d'ébats homo et qui l'a donc fait tourner les talons avec un petit rire amusé en s'excusant, gênée, de les avoir dérangés. La situation était extrêmement... c'était n'importe quoi.
Bref, elle est partie, Raven a refermé et nous nous sommes intéressés au papier. Reaves nous a globalement expliqué de quoi ça parlait. Comme quoi il s'agissait d'un ''pamphlet'' à la gloire d'une ''résistance'' qui voulait remettre au goût du jour les livres et notamment les Papercuts. Je n'ai pas trop compris sur le moment les impacts que cela pouvait avoir, et je ne pense pas les avoir compris maintenant non plus, mais je sentais qu'il fallait être prudent avec cela. Nous avons donc décidé de le garder cacher. Je pense que c'était stupide, qu'est-ce qu'on allait pouvoir bien en faire ? Raven voulait planquer la feuille dans son arrière boutique mais refusait de nous y laisser rentrer. Ce qui n'a pas manqué d'aiguiser ma curiosité. Je n'y ai cependant pas laissé court, nous devions retourner interroger Sir Irving. Il fut décidé de cacher le feuillet dans le tube d'une des lampes. Cela permettrait à tout quatre de nous souvenir de son emplacement. Oui, je ne faisais pas confiance à Raven au point de le laisser seul connaisseur de la planque d'un feuillet. ''pamphlet'' ou non.

À peine Raven revissait-il la lampe que la voix de Michael Philips s'échappait du talkie walkie. Ceci nous prit de court et c'est le voleur, encore, qui nous tira d'affaire en prétextant une blessure à soigner. Cela parut le convaincre mais il semblait vachement impatient. De mon côté, je me suis demandée ce qui pouvait bien le rendre aussi impatient, ça faisait un mois que le bouquin avait quitté sa boutique, il n'allait pas s'évaporer en une heure quand même. Je gardai cette réflexion pour moi, revenant à notre mission.
Il nous fallait rejoindre la demeure de Sir Irving.
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